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Dossier
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La mort de
l'enfant le scandale absolu
: La mort de l’enfant : dès son titre, ce thème
a donné lieu à des choix afin de vous proposer le dossier
le plus complet possible mais aussi le plus fidèle et le plus respectueux
des sentiments éprouvés par tous ceux qui subissent ce drame.
Ainsi nous parlerons de la mort du tout petit et du jeune enfant, survenue
dans des circonstances accidentelles ou des suites de maladie. N’est
pas abordé, par exemple, dans ce numéro le thème
du suicide (lire Passage n°12). De même ne figurent pas en bibliographie
les ouvrages traitant de la mort de l’adolescent ou du jeune adulte
qui feront l’objet d’un autre dossier.
Plus encore que n’importe quelle autre, la mort de l’enfant
est crucifiante. Parce qu'elle est injuste, incroyable, profondément
inacceptable, totalement absurde. Mais aussi parce qu’elle est escamotée
par notre société qui ne veut rien voir, rien savoir. Aux
parents qui voudraient pleurer, crier, hurler leur souffrance, on demande
de se taire, de se faire discrets à défaut de pouvoir disparaître.
A leur rage, à leur révolte, à leur désespoir,
on oppose le temps qui passe et qui guérirait tout. De quel acharnement
fou doivent-ils faire preuve pour conserver une trace de cet enfant défunt
qui a transformé leur vie ! Même les plus déterminés
rendent parfois les armes tant la pression est forte et insidieuse. Lors
du renouvellement d’un passeport, c’est le nom de l’enfant
auquel on accole la mention DCD sur le passeport périmé
et qui n’apparaît plus sur le nouveau – Geste délibéré
? Oubli ? (1) Côté administration, on se heurte au refus
poli de se voir accorder une carte de famille nombreuse ou l’année
de dérogation prévue pour passer un concours au motif que
l’enfant qui, certes, fut, n’est plus… C’est un
tour de force, dans un tel contexte, que de parvenir à faire son
deuil. Non pas oublier, évacuer, camoufler la mort – et la
vie – de l’enfant. Mais, au contraire, l’inscrire dans
sa propre histoire comme certainement "l’événement
le plus grave de sa vie", parvenir à ne pas s’isoler
dans le manque. "Accepter, non pas l’inacceptable qu’est
la mort de l’enfant, mais accepter de continuer de dire oui à
la vie, accepter de se laisser surprendre par elle. Consentir à
la perte, non, mais consentir à ce que la perte emmène là
où on ne sait pas. Consentir à une autre forme de présence.
S’accoutumer à l’absence, l’apprivoiser."
(2) Sans pour autant avoir le sentiment de capituler devant la mort d’un
enfant, "ce scandale absolu" (3). (1) A ce soir, Laure Adler,
coll. Folio, Ed. Gallimard, 2001 (2) A l’aube du huitième
jour… Capucine , Dominique Davous, coll. Ecritures, L’Harmattan,
1997 (3) L’enfant éternel, Philippe Forest, coll. Folio,
Ed. Gallimard, 1997
Vivre n'est
pas trahir l'enfant disparu
Il
existe un mot pour désigner celui qui a perdu un parent –
orphelin–, un conjoint – veuf. En français, il n’en
existe pas pour celui qui a perdu un enfant. Il n’y a pas de mot
pour ça. Les parents en deuil ont perdu non seulement leur enfant,
mais leur identité de parents. Sans doute, pour la plupart d’entre
eux, l’événement le plus grave de leur vie
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Que devient
la famille ?
Vivre ensemble non plus à cinq mais à quatre ; transformer
une chambre désormais vide en "autre chose" ; faire avec
cette absence ; mais comment ?…
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Reportage
au CHU de Rennes
A l’enfant qui va mourir
La mort d’un enfant est une déchirure qui marque à
jamais ses proches et l’histoire de sa famille. Insupportable, incompréhensible,
inadmissible, injuste parce que contre-nature, elle provoque le désespoir,
la culpabilité, la colère…
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L'école
et le jeu : la vie jusqu'au bout
L'école
et le jeu font partie de la vie sociale normale d'un enfant. C'est pourquoi
dans tout service pédiatrique hospitalier ou au domicile, un suivi
scolaire des enfants malades est organisé par L'Education Nationale.
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La mort du
tout petit
Perdre
son bébé quelques heures, quelques jours, quelques mois
après sa naissance est un inattendu, reçu de plein fouet
par les parents. L'absence d'histoire commune, l’absence de trace,
rend ce drame d'autant plus douloureux
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Une aide
Psychologique : Eclairer l'invisible et écouter l'indicible
"La
solitude des parents est immense face à la mort annoncée,
explique Nicole Porée, psychologue et psychanalyste depuis vingt
ans au CHU de Rennes.
Témoignage
: Un deuil à deux voix
Misette et Robert Jeaugey ont perdu un enfant accidentellement il y
a vingt ans. Benjamin d'une fratrie de quatre garçons, Samuel est
décédé à l'âge de dix ans. Depuis, ses
parents sont très engagés dans l'association Jonathan Pierres
Vivantes qui aide et soutient les parents qui ont perdu un enfant.
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