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Anticiper la mort, ce serait aller à
ses devants, l’apprivoiser, la rendre plus familière.
“Anticiper, c’est vivre”, disent nos interlocuteurs
dans ce dossier, vivre avec la pleine conscience de notre
finitude, en s’interrogeant sur le sens de la vie pour
donner du sens à nos actions. Vivre pour bien mourir
en somme. Cette conscience de notre finitude et cette anticipation
au jour le jour cohabitent avec le souci constant, grâce
aux progrès de la médecine, de repousser la
mort toujours plus loin avec, parfois, un glissement des rites
de mort vers des rites de fin de vie. Une dérive symptomatique
de notre report sur le mourant de toutes nos angoisses. Charge
à lui de “bien mourir”, dans la conscience
et l’acceptation de son sort. En outre, quel sens donner
à la démarche de prévoyance funéraire
: un souci de maîtrise de sa mort, à défaut
d’avoir pu diriger sa vie ? Une nouvelle démonstration
des tendances actuelles à privatiser la mort ? Ou,
au contraire, une occasion de prendre la mort à bras
le corps, d’en régler les aspects matériels,
pour permettre à la collectivité de se concentrer
sur le rite, porteur de sens ? Quelles que soient les circonstances,
la mort est singulière et nous prend par surprise.
L’anticipation revient à tout faire pour éviter
qu’elle ne nous coupe l’herbe sous le pied, pour
éviter d’être pris au dépourvu quand
elle arrive. Mais comment ne pas l’être ? |
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Anticiper la mort, c’est vivre !
Anticiper
la mort, ce serait aller à ses devants, l’apprivoiser,
la rendre plus familière. “Anticiper, c’est vivre”,
disent nos interlocuteurs dans ce dossier, vivre avec la pleine
conscience de notre finitude, en s’interrogeant sur le sens
de la vie pour donner du sens à nos actions. Vivre pour bien
mourir en somme. Cette conscience de notre finitude et cette anticipation
au jour le jour cohabitent avec le souci constant, grâce aux
progrès de la médecine, de repousser la mort toujours
plus loin avec, parfois, un glissement des rites de mort vers des
rites de fin de vie.
Anticiper…
jusqu’où ?
S’interroger sur l’anticipation de la mort renvoie
forcément à la prise en charge médicale et
psy-chologique des personnes en fin de vie, donc aux soins palliatifs
mais aussi à l’euthanasie. Robert William Higgins,
psychanalyste, enseignant en soins palliatifs, interpelle les soignants
sur l’institutionnalisation de la fin de vie et sur l’invention
d’un nouveau statut, celui de “mourant1), qu’il
interprète comme un rejet de la mort, de notre mort.
Accompagner
jusqu’aux limites de la vie
Le deuil anticipé est un phénomène que connaît
bien Catherine Bonte, psychologue et gérontologue. Dans sa
pratique professionnelle, elle est au contact de familles en souffrance,
désemparées de ne plus reconnaître leur parent
âgé, tellement différent de celui que l’on
a connu, que l’on a idéalisé. De plus, en tant
que maman d’une petite fille atteinte d’une maladie
rare, son expérience personnelle l’a conduite à
l’extrême limite de la vie, si loin que le médecin
de l’enfant elle-même a alors enjoint les parents à
anticiper la mort de leur fille.
Grandir
c’est vieillir… puis mourir
Proposer au jeune public de réfléchir sur la thématique
des relations entre générations, des grands-parents,
du vieillissement et de la mort n’est pas courant. Le succès
du Prix Chronos de littérature témoigne des attentes
des enfants sur ces questions essentielles qui fondent leur quotidien
dès leur plus jeune âge.
Savoir
que l’on a sa place, quelque part…
Apparus il y a près de trente ans, les contrats de prévoyance
funéraire permettent à chacun d’organiser et
de régler ses propres obsèques de son vivant. En France,
aujourd’hui, plus de 500 000 personnes sont couvertes par
un contrat de ce type. 65 % d’entre elles sont des femmes,
âgées en moyenne de 75 ans.
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