N°15

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Anticiper la mort, ce serait aller à ses devants, l’apprivoiser, la rendre plus familière. “Anticiper, c’est vivre”, disent nos interlocuteurs dans ce dossier, vivre avec la pleine conscience de notre finitude, en s’interrogeant sur le sens de la vie pour donner du sens à nos actions. Vivre pour bien mourir en somme. Cette conscience de notre finitude et cette anticipation au jour le jour cohabitent avec le souci constant, grâce aux progrès de la médecine, de repousser la mort toujours plus loin avec, parfois, un glissement des rites de mort vers des rites de fin de vie. Une dérive symptomatique de notre report sur le mourant de toutes nos angoisses. Charge à lui de “bien mourir”, dans la conscience et l’acceptation de son sort. En outre, quel sens donner à la démarche de prévoyance funéraire : un souci de maîtrise de sa mort, à défaut d’avoir pu diriger sa vie ? Une nouvelle démonstration des tendances actuelles à privatiser la mort ? Ou, au contraire, une occasion de prendre la mort à bras le corps, d’en régler les aspects matériels, pour permettre à la collectivité de se concentrer sur le rite, porteur de sens ? Quelles que soient les circonstances, la mort est singulière et nous prend par surprise. L’anticipation revient à tout faire pour éviter qu’elle ne nous coupe l’herbe sous le pied, pour éviter d’être pris au dépourvu quand elle arrive. Mais comment ne pas l’être ?

 

Anticiper la mort, c’est vivre !

 

Anticiper la mort, ce serait aller à ses devants, l’apprivoiser, la rendre plus familière. “Anticiper, c’est vivre”, disent nos interlocuteurs dans ce dossier, vivre avec la pleine conscience de notre finitude, en s’interrogeant sur le sens de la vie pour donner du sens à nos actions. Vivre pour bien mourir en somme. Cette conscience de notre finitude et cette anticipation au jour le jour cohabitent avec le souci constant, grâce aux progrès de la médecine, de repousser la mort toujours plus loin avec, parfois, un glissement des rites de mort vers des rites de fin de vie.

Anticiper… jusqu’où ?

S’interroger sur l’anticipation de la mort renvoie forcément à la prise en charge médicale et psy-chologique des personnes en fin de vie, donc aux soins palliatifs mais aussi à l’euthanasie. Robert William Higgins, psychanalyste, enseignant en soins palliatifs, interpelle les soignants sur l’institutionnalisation de la fin de vie et sur l’invention d’un nouveau statut, celui de “mourant1), qu’il interprète comme un rejet de la mort, de notre mort.

 

Accompagner jusqu’aux limites de la vie

Le deuil anticipé est un phénomène que connaît bien Catherine Bonte, psychologue et gérontologue. Dans sa pratique professionnelle, elle est au contact de familles en souffrance, désemparées de ne plus reconnaître leur parent âgé, tellement différent de celui que l’on a connu, que l’on a idéalisé. De plus, en tant que maman d’une petite fille atteinte d’une maladie rare, son expérience personnelle l’a conduite à l’extrême limite de la vie, si loin que le médecin de l’enfant elle-même a alors enjoint les parents à anticiper la mort de leur fille.

Grandir c’est vieillir… puis mourir

Proposer au jeune public de réfléchir sur la thématique des relations entre générations, des grands-parents, du vieillissement et de la mort n’est pas courant. Le succès du Prix Chronos de littérature témoigne des attentes des enfants sur ces questions essentielles qui fondent leur quotidien dès leur plus jeune âge.

Savoir que l’on a sa place, quelque part…

Apparus il y a près de trente ans, les contrats de prévoyance funéraire permettent à chacun d’organiser et de régler ses propres obsèques de son vivant. En France, aujourd’hui, plus de 500 000 personnes sont couvertes par un contrat de ce type. 65 % d’entre elles sont des femmes, âgées en moyenne de 75 ans.

 

 

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