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La
prise de conscience de notre finitude peut être un levier
déterminant sur le regard que chacun d’entre nous porte
sur sa vie et sur ce qu’il souhaite en faire. Quel sens est-ce
que je souhaite donner à ma vie ? Quels axes privilégier
dans les actes que je pose, dans les personnes que j’investis
? Qu’ai-je envie de voir de ma vie le jour où je vais
mourir ? C’est notre conscience de la mort qui nourrit notre
existence, induit nos choix, et nous pousse ainsi à anticiper
pour qu’au moment de mourir, nous trouvions des réponses
à la question : ai-je réussi ma vie ? Encore faut-il
définir ce que signifie ‘’réussir sa vie’’.
Est-ce réussir socialement, jouir de la reconnaissance de
ses pairs, avoir ouvert sa vie à autrui, à ses enfants
par exemple, avoir contribué à ce que le monde soit
plus généreux ? C’est à travers le prisme
de sa propre éthique que chacun définit ses objectifs
et essaie de s’y tenir afin que le moment de la mort soit
chargé de sens. “Notre vie est une bougie dans l’entrebâillement
d’une porte en plein vent.” Je sais que je peux mourir
demain ; dans ce sentiment d’urgence, quel acte puis-je réaliser
maintenant sachant que demain sera peut-être trop tard ? Est-ce
que je prends le risque que “plus tard” devienne “trop
tard” ? Bien sûr, cette prise de conscience peut être
paralysante. Un référentiel est nécessaire
à la rendre viable. Anticiper la mort, c’est peut-être
aussi partir à la recherche de ce référentiel,
de ce cadre éthique, philosophique, spirituel, qui nous conforte
dans l’idée que tout ce que l’on vit n’est
pas absurde. Pour certains, au moment de la mort, la relecture de
sa propre histoire est parfois impossible tant elle est synonyme
de souffrance. L’accompagnement peut alors créer du
lien, donner un peu de bonheur, et permettre de se retourner ne
serait-ce que sur les derniers jours, les dernières heures…
Et se donner ainsi la chance d’apporter une réponse
positive à la question ultime : alors, cette vie, c’était
comment ?
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