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 “Etre
grec, serbe ou russe en France, c’est être orthodoxe en même temps,
c’est profondément lié, ancré, c’est leur identité. Même s’ils sont
moins pratiquants – ici, en France, il faut faire parfois des centaines
de kilomètres pour aller à la messe le dimanche –, la religion fait
partie de leur culture.” Hiéromoine Jean, prêtre moine orthodoxe,
est intarissable sur l’histoire de sa communauté. Toute une génération
de personnes de culte orthodoxe est issue de l’immigration ou est
arrivée en France en tant que réfugiée, ce qui donne aux rituels
religieux cette valeur renforcée d’appartenance à un groupe. Dans
la plupart des familles orthodoxes, l’icône, celle de la famille,
transmise de père en fils depuis toujours, est encore là en bonne
place dans la pièce de séjour, une lampe à huile allumée à côté.
“La tradition est très forte. Nous avons un très beau rituel, très
ancien, inchangé depuis le IVème siècle, pour les mariages, les
baptêmes, les enterrements. Ce qui peut avoir évolué, c’est que
quelqu’un, à la fin de l’office ou au cimetière, tienne à dire un
mot sur le défunt ou sa famille. Il le dira. Mais le rituel, la
façon de célébrer, les prières, sont toujours les mêmes.” Les cérémonies
sont très codifiées. Elles commencent le jour de la mort, où un
office est célébré au domicile ou à l’hôpital. L’absolution est
donnée avec encensement. La mise en bière donne lieu aussi à un
court service, puis la célébration des funérailles se déroule à
l’église. Quand, dans certaines villes, il n’y a pas d’église orthodoxe,
le prêtre catholique met à disposition son église. Au cimetière,
un office a également lieu en présence du prêtre. Il est le seul
habilité à officier pendant les cérémonies, ce qui n’est pas le
cas du diacre. L’office des morts est ensuite répété le troisième
jour au domicile, le septième jour et le quarantième jour au cimetière,
pour accompagner chaque étape du cheminement de l’âme. Le troisième
jour marque le début de son trajet, puis elle trouve le bon chemin
et, au quarantième jour, elle trouve Dieu. “L’âme se séparant du
corps recherche sa voie, reprend Hiéromoine Jean. La multiplication
des offices aide au deuil, elle permet de consoler, d’accompagner
ceux qui sont dans la douleur. Ce sont également des temps très
importants de réunion des familles et des amis.”
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