N°18

A chaque confession, ses gestes et pratiques

Les funérailles orthodoxes

Rien n’a changé depuis le IVème siècle

 

“Etre grec, serbe ou russe en France, c’est être orthodoxe en même temps, c’est profondément lié, ancré, c’est leur identité. Même s’ils sont moins pratiquants – ici, en France, il faut faire parfois des centaines de kilomètres pour aller à la messe le dimanche –, la religion fait partie de leur culture.” Hiéromoine Jean, prêtre moine orthodoxe, est intarissable sur l’histoire de sa communauté. Toute une génération de personnes de culte orthodoxe est issue de l’immigration ou est arrivée en France en tant que réfugiée, ce qui donne aux rituels religieux cette valeur renforcée d’appartenance à un groupe. Dans la plupart des familles orthodoxes, l’icône, celle de la famille, transmise de père en fils depuis toujours, est encore là en bonne place dans la pièce de séjour, une lampe à huile allumée à côté. “La tradition est très forte. Nous avons un très beau rituel, très ancien, inchangé depuis le IVème siècle, pour les mariages, les baptêmes, les enterrements. Ce qui peut avoir évolué, c’est que quelqu’un, à la fin de l’office ou au cimetière, tienne à dire un mot sur le défunt ou sa famille. Il le dira. Mais le rituel, la façon de célébrer, les prières, sont toujours les mêmes.” Les cérémonies sont très codifiées. Elles commencent le jour de la mort, où un office est célébré au domicile ou à l’hôpital. L’absolution est donnée avec encensement. La mise en bière donne lieu aussi à un court service, puis la célébration des funérailles se déroule à l’église. Quand, dans certaines villes, il n’y a pas d’église orthodoxe, le prêtre catholique met à disposition son église. Au cimetière, un office a également lieu en présence du prêtre. Il est le seul habilité à officier pendant les cérémonies, ce qui n’est pas le cas du diacre. L’office des morts est ensuite répété le troisième jour au domicile, le septième jour et le quarantième jour au cimetière, pour accompagner chaque étape du cheminement de l’âme. Le troisième jour marque le début de son trajet, puis elle trouve le bon chemin et, au quarantième jour, elle trouve Dieu. “L’âme se séparant du corps recherche sa voie, reprend Hiéromoine Jean. La multiplication des offices aide au deuil, elle permet de consoler, d’accompagner ceux qui sont dans la douleur. Ce sont également des temps très importants de réunion des familles et des amis.”


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