PFG à vos côtés

Comment surmonter la colère qui peut nous envahir lors d'un deuil ?

16 janvier 2017
Lorsque nous perdons un être cher, il n'est pas rare, au cœur du chagrin, de se sentir envahi par la colère. Colère contre cette vie "injuste", contre les médecins, contre soi-même, contre le défunt... Marie-Frédérique Bacqué, psychanalyste et psychologue, auteure de Le Deuil à vivre (éditions Odile Jacob) nous éclaire sur le rôle de cette colère qu'il nous faut exprimer pour la dépasser. ​​​​​​​​
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PFG et PSYCHOLOGIES s'allient pour vous proposer des éléments de réflexions sur des questions fondamentales autour du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.​


 


 Témoignag​e :

"J'avais décidé de consulter un psychogénéalogiste pour comprendre pourquoi je me sentais bloqué dans ma vie. Nous en sommes venus à parler de mon père, mort à la suite d'un accident quand j'avais 20 ans. Je lui ai dit que je ne m'étais pas recueilli sur sa tombe qui se trouvait à l'étranger. "Vous êtes très en colère ?", m'a t-il lancé. J'étais choqué, mais c'était évident : j'en voulais à mon père d'avoir lâché la partie, de ne m'avoir jamais fait sentir qu'il était fier de moi."

                                  Arthur, 41 ans, Marseille.​


Respecter ses émotions, quelles qu'elles soient

​​La mort d'une personne proche provoque un jaillissement d'émotions violentes et imprévisibles. La colère en fait souvent partie. Comme la révolte contre cette réalité impensable qu'est la mort et l'impuissance totale dans laquelle elle nous plonge. Ou le sentiment d'injustice qui nous submerge lorsque le décès survient de façon brutale, sans que nous ayons pu nous y préparer. 

Mais il y a aussi une autre colère liée à la relation et aux conflits que nous avions avec le défunt. Nous pouvons en vouloir à l'autre de nous avoir "abandonné", "d'avoir fui la confrontation", de nous priver pour toujours des mots ou des gestes qui nous ont manqué ou de ceux que l'on aurait voulu avoir envers lui. La tentation est de réprimer cette colère, dont nous nous sentons coupables, dans ce moment où nous sommes censés n'éprouver que de la peine.


Pouvoir formuler cette colère

​​Dans bien des cas, cette colère est complètement inconsciente. Dans les associations d'endeuillés, des personnes viennent consulter parce qu'elles n'arrivent plus à dormir, sont rongées par l'angoisse, ou n'arrivent plus à contrôler leur agressivité avec leur entourage. ​Parfois, il suffit de dire : "il est possible que vous ressentiez de la colère, liée aux circonstances du décès, ou à la relation avec votre proche qui n'était pas terminée..." pour qu'elles prennent conscience que derrière tout cela, il y a un ressentiment à l'égard du disparu. Que pour étouffer des affects vécus comme coupables, elles se sont réfugiées dans un tourbillon d'activités. Mais cette forme de défense est inefficace. Pour que le travail de deuil de fasse, il faut laisser émerger ce que l'on ressent, l'exprimer librement, pour pouvoir s'en détacher. Face à la mort, aucun sentiment n’est "amoral", "déplacé", "honteux".


Revisiter sa relation avec le défunt

​​La mort pousse à faire le bilan de la relation qu'on avait avec le défunt. Il nous faut convoquer les souvenirs, parler de tout ce qu'on a vécu avec le défunt, le bon, comme ce qui a pu nous faire souffrir, les conflits que l'on n'a pu régler avec lui et qui subsistent après sa mort. Le deuil ne peut s'accomplir sans ce travail de mémoire, de réminiscence. Il faut pouvoir le faire sans se censurer, trouver dans l'entourage, chez un thérapeute, ou des oreilles attentives dans une association auprès desquelles prendre le temps de dérouler notre récit jusqu'au bout, jusqu'à l'apaisement.


Marie-Frédérique Bacqué est également présidente de La Société de thanatologie française et rédactrice en chef de la revue Études sur la mort. Elle est l'auteur de nombreux ouvrages, dont La force du lien face au cancer (avec François Baillet, Odile Jacob. Grand Prix Intermédica 2010) ; L’un sans l’autre. Psychologie du deuil et des séparations. (Larousse 2007) ; Apprivoiser la mort (Odile Jacob, 2003).


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Un espace pour s'exprimer librement

Parfois, il est difficile de livrer à son entourage tout ce que l'on ressent. Partout en France, des associations telles que la Fédération européenne Vivre son deuil ou l'association EKR ont développé des lieux où trouver un soutien et partager son expérience.

Vivre Son Deuil
17, rue Feutrier – 75018 Paris
Ecoute téléphonique : 01.42.08.11.16
Internet : www.vivresondeuil.asso.fr
E-mail : fevsd@vivresondeuil.asso.fr

EKR, association Elisabeth Kübler-Ross France
10, rue Grande, 36000 Châteauroux
Tél : 02 54 07 01 69
ekr.france.free.fr​

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Rédigé par : Aude Goullioud pour PSYCHOLOGIES

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