PFG à vos côtés

Faire face à la mort de son conjoint

29 décembre 2017
​Comment survivre sans lui, sans elle ? C’est à cette question que nous confronte la mort de l’être aimé. Et à laquelle tente de répondre Nadine Beauthéac, psychothérapeute, spécialisée dans l’accompagnement des endeuillés, auteur de 100 Réponses aux questions sur le deuil et le chagrin (Le Livre de poche).
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PFG et PSYCHOLOGIES s'allient​ pour vous proposer des éléments de réflexions sur des questions fondamentales autour du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.​


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 Témoignag​e :

« Quand mon mari est mort, tout s'est effondré. Je me suis mariée à 18 ans, cela faisait 49 ans que nous partagions tout. Sans lui, plus rien n'avait de sens, la maison, le jardin, les dîners avec les amis, tout me ramenait à son absence. Sans l'amour et l'aide de mes enfants et petits-enfants, je crois que je me serais laissée mourir. »

Louison, 70 ans, Bordeaux.​


Traverser le chaos

Les jours qui suivent le décès du conjoint, nous sommes saisis par la sidération, l’incrédulité, explique Nadine Beauthéac. Nous sommes perdus, hagards. Dévastés par les pleurs ou, au contraire, sans larmes ni mots. Nous accomplissons en automate les tâches quotidiennes dans une impression d’irréel, d’état dissocié extrêmement angoissant.
Les mots “mutilation”, “amputation” reviennent souvent dans le discours des endeuillés. “La personne aimée est en vérité un organe interne du moi aussi essentiel que peuvent l’être une jambe ou un bras”, remarque J.-D. Nasio dans La Douleur d’aimer (Petite Bibliothèque Payot). Quelques êtres, dont le conjoint fait partie, poursuit-il, jouent un rôle fondamental dans l’économie de notre être. Lorsque l’un disparaît, il y a effondrement psychique, perte des repères et du désir de vivre.

Se soucier de sa santé

​​ “Nous ne nous attendons pas à ce que ce choc oblitère tout, disloque le corps comme l’esprit”, écrit l’auteur américaine Joan Didion après la mort de son mari, dans L’Année de la pensée magique (Le Livre de poche).
​​Le deuil du conjoint nous plonge dans un état d’épuisement profond, où la moindre activité quotidienne exige une énergie considérable. Nous sommes terrassés par les émotions : envie de mourir, sentiment d’injustice, angoisse à l’idée de ne pas nous en sortir, culpabilité, etc. Nous nous sentons basculer, sensation renforcée par des hallucinations : l’impression de voir le défunt dans une foule, ou qu’il est présent dans la pièce à côté…
Les études ont montré que le stress aigu provoqué par la perte augmentait le risque de maladies graves, explique Marie-Frédérique Bacqué, dans Deuil et santé, Odile Jacob, 1997. Il est donc primordial de prendre soin de sa santé, de consulter un médecin si besoin ou de solliciter son entourage, pour se nourrir correctement, dormir la nuit, et petit à petit reprendre les activités qui vont nous permettre de retrouver des repères quotidiens.


Se réinventer sans l'autre

Nous étions deux, nous ne sommes plus qu’un. Il nous faut apprendre à tout assumer sans l’aide de l’autre, sans son soutien, ni ses conseils, ni ses compétences : le travail, les enfants, parfois la vente d’une maison, observe Nadine Beauthéac.​
Beaucoup de femmes veuves connaissent des difficultés financières ; les hommes, eux, se sentent souvent dépassés par la vie domestique. Nous avons le sentiment de perdre notre identité, cette identité que nous nous étions constituée avec elle ou lui. Puis, au fil des mois, nous nous découvrons de nouvelles habiletés, des envies que nous ignorions jusque-là. “Mon mari s’occupait du jardin, il a fallu que je m’y mette et j’adore ça, je le sens à mes côtés”, me disait une patiente. Vient ce moment où l’on a intégré l’autre en soi. Je le rappelle souvent à mes patients : le deuil est une course de fond. Il faut être endurant.
​Avec le temps, la personnalité du survivant se resserre autour de valeurs plus essentielles : savourer ce qui est là, se préoccuper de son désir à soi. Et réenvisager​ l’avenir.



Pourquoi les hommes refont leur vie plus rapidement​​

Hommes et femmes ne traversent pas le deuil de la même façon. Les Anglo-Saxons ont défini deux concepts : le « deuil intuitif » et le « deuil instrumental ».
​​Le premier correspond à la manière plus généralement féminine de vivre le deuil. Il s’ancre dans l’expression des émotions, la nécessité de communiquer.
​Le second, plus masculin, se manifeste par un besoin de silence, de solitude et d’action. Les hommes veufs, souvent, parviennent mieux à vivre au présent, tout en mettant leur chagrin « de côté ».
Les femmes ont, elles, besoin d’explorer leurs émotions pour passer à un nouveau lien. Il est d’ailleurs fréquent qu’un homme noue une nouvelle relation amoureuse dans la première année du deuil, quand il faudra généralement plusieurs années à une femme pour refaire sa vie, et intégrer que l’on peut aimer en même temps un vivant et un mort. 

Rédigé par : Aude Goullioud pour PSYCHOLOGIES
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La Fondation PFG soutient les associations accompagnant le deuil 

La Fondation PFG - créée en 2009 sous l’égide de la Fondation de France – s’engage à soutenir les initiatives locales et projets d’intérêt général autour de la fin de vie et du deuil par l’attribution de dons aux réseaux associatifs partout en France. 

Plus de 300 subventions accordées, près de 50 projets soutenus chaque année et 100 Associations en France aidées

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