PFG à vos côtés

Les maladresses à éviter

27 novembre 2017
​​En présence d’une personne en deuil, nous craignons de ne pas trouver les mots justes, la bonne façon d’être. Nadine Beauthéac, psychothérapeute et auteur de 100 Réponses aux questions sur le deuil et le chagrin (Le Livre de poche), a identifié les faux pas les plus courants à éviter, pour ne pas la blesser.​​
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PFG et PSYCHOLOGIES s'allient pour vous proposer des éléments de réfle​xions sur des questions fondamentales aut​our du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.​


 


 Témoignag​e :

« Il était un peu tard, c’est vrai, mais j’avais un coup de blues terrible, comme ça m’arrivait souvent en rentrant seule chez moi le soir. J’avais besoin de parler à quelqu’un. Ma sœur venait d’avoir un bébé, je ne voulais surtout pas la charger avec mon chagrin : j’ai appelé un ami très présent depuis la mort de mon fiancé, neuf mois plus tôt. Mais quand je l’ai entendu me dire : “Fais attention à ne pas te complaire dans la souffrance”, je me suis sentie encore plus seule et j’ai préféré raccrocher. »

                                   Laure, 31 ans, Paris.


Tenter de l'éviter

Les personnes en deuil parlent très souvent, en séance, de leur désarroi, par exemple lorsqu’un voisin change de trottoir pour les éviter, ou qu’un collègue garde les yeux sur son téléphone pour ne pas lui parler dans l’ascenseur, explique Nadine Beauthéac. Un peu d’attention, des mots simples sont pourtant d’un grand soutien. Vous pouvez lui demander : “Où en êtes-vous ?” plutôt que “Comment allez-vous ?” (l’endeuillé ne peut aller que très mal). Ou bien : “Que pouvons-nous faire pour vous ?” Et si la personne se met à pleurer, mettez-la à l’aise en lui rappelant combien c’est normal, en la laissant exprimer son chagrin, en restant simplement auprès d’elle ou en lui proposant d’aller prendre un café si le moment s’y prête.

 

Vouloir la consoler

À quelqu’un qui vient de perdre un bébé, ne dites pas : “Tu en auras un autre.” Ou à celui qui vient de perdre sa compagne : “Tu peux encore refaire ta vie.” Il a besoin de mots simples comme : “De quoi as-tu besoin ?”, “As-tu déjeuné ?”, “Est-ce que tu dors un peu ?” Des mots qui l’aident à prendre soin de lui. Car, pour l’endeuillé, il n’y a pas de consolation possible : le défunt est irremplaçable. Autre phrase terrible : “Avec le temps, tout passe.” Non, avec le temps tout ne passe pas, tout ne s’en va pas. Avec le temps en revanche, nous retrouvons des repères. Pour soutenir notre désir de vivre, notre psychisme a besoin d’investir quelques êtres. Lorsque l’un d’eux disparaît, il y a effondrement : plus rien ne compte, même les autres personnes aimées sont impuissantes à nous consoler. C’est ce que Freud nomme “le surinvestissement du défunt”. Il faut laisser le temps – plusieurs mois, parfois un an ou deux – au psychisme de se réorganiser autour d’autres pôles affectifs.

 

Chercher à la secouer

“Je n’arriverai jamais à vivre sans lui”, “Je n’ai plus envie de rien”… La perte d’un être cher s’accompagne inévitablement d’une phase de dépression, d’épuisement, de perte du désir de vivre. Tant que la personne ne met pas sa vie en danger, rien ne sert de la bousculer. Lui faire confiance, l’écouter, être présent est la meilleure attitude à adopter. La personne se sent dans un gouffre, faites-lui comprendre qu’elle est dans un tunnel : il fait noir, il fait froid… Mais au bout, il y aura de nouveau de la lumière.


Hâter le rangement ou la disparition des souvenirs

“Je vais t’aider à trier les affaires”, “Garder ces vêtements dans la penderie, ça ne peut que te faire du mal”… Ce ne sont pas les vêtements dans la penderie qui font du mal, mais le fait que la personne qui les portait soit morte. Et au contraire, les “traces du défunt” – ses photos, objets, messages – jouent un rôle fondamental dans le processus de deuil. On ne peut pas passer d’une vie “avec” la personne décédée à une vie sans traces d’elle. Pour aider l’endeuillé à opérer un tri, le mieux est de lui demander : “Qu’as-tu besoin de garder ?”, “Que préfères-tu donner ou ranger ?” Respectez ce qu’il ressent comme bon pour lui, sans porter aucun jugement.

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L'endeuillé peut aussi aider son entourage


​La confrontation à un deuil rend les relations plus difficiles et les met à l’épreuve. Nadine Beauthéac recevait récemment une patiente qui avait perdu sa mère un an plus tôt. Chaque soir, elle ne pouvait réprimer son chagrin, même à table avec son mari et ses enfants. Puis elle a compris que, pour eux, ça devenait intenable et a rejoint un groupe de parole. Lire sur le deuil, consulter un thérapeute ou une association… Il existe de nombreuses façons de trouver, en dehors de son entourage, le soutien dont on a absolument besoin. Parfois, on ne peut pas compter que sur la famille et les amis.

Rédigé par : Aude Goullioud pour PSYCHOLOGIES

La Fondation PFG soutient les associations accompagnant le deuil 

La Fondation PFG - créée en 2009 sous l’égide de la Fondation de France – s’engage à soutenir les initiatives locales et projets d’intérêt général autour de la fin de vie et du deuil par l’attribution de dons aux réseaux associatifs partout en France. 

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