- Entre 3 et 5 ans, "les premières
conceptions de l'enfant, écrit Lonetto, correspondent à une vision magique
et cyclique, où l'accent est mis sur le caractère interchangeable de
la vie et de la mort. Pour lui, la mort est une autre façon de vivre.
Elle peut être ainsi conçue comme une séparation d'avec les autres,
notamment d'avec la mère". La mort ne peut être pensée indépendamment
de celui qui est mort. Ceci renvoie à l'intrication des dimensions intellectuelles
et affectives de l'enfant "incapable de s'extraire du monde qui l'entoure,
subjectivité et objectivité (étant) étroitement mêlées". Naissance et
mort se situant pour l'enfant à l'intérieur d'un cycle, "il n'existe
ni véritable début, ni fin, mais comme un mouvement perpétuel, qui,
de la naissance à la mort et de la mort à la naissance, balance sans
cesse. Le jeune enfant s'inscrit sur cette trajectoire".
- Entre 6 et 8 ans, l'unité circulaire
de l'univers se défait. L'enfant "voit bien que sa vie a un commencement
et une fin, et qu'il se trouve sur la trajectoire entre ces deux points".
C'est pourquoi il est "captivé, dans sa recherche des explications causales,
par le problème du commencement et de la fin". Mais si la plupart des
enfants de cette classe d'âge "comprennent que tous les êtres mourront,
ils sont un peu plus partagés quand il s'agit de savoir si eux mourront
aussi". La conscience de la mort chez l'enfant passe forcément par la
conscience de sa propre finitude qui permet au pré-adolescent d'acquérir
les capacités " non seulement de comprendre le caractère biologique
universel et inévitable de la mort, mais d'accéder à une appréciation
de la nature abstraite de la mort et de décrire les sentiments qui en
déroulent ".
*Dis, c'est quoi quand on est mort ? Richard Lonetto. Edition Éshel,
1988.
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