L'évolution de l'idée
de la mort chez Gesell*

Gesell et Ilg proposent une échelle qui résume la plupart des modifications intervenues entre 3 et 9 ans.
1 à 3 ans : Peu ou pas de compréhension de l'idée de la mort.
4 ans :
- Vague notion du sens du mot "mort". - Aucune émotion particulière, première expression très rudimentaire d'une idée de tristesse ou de chagrin liée à la mort. 5 ans : - Le concept devient plus détaillé, exact et concret. Vague connaissance de la chose définitive qu'est la mort, " la fin ", quoiqu'il puisse penser qu'elle est réversible (5 ans 1/2). - L'enfant reconnaît l'immobilité des morts. - Des réactions physiques risquent désormais de se produire : l'enfant évite les choses mortes ou bien peut se plaire à tuer. - Bien qu'en apparence il ne comprenne ni ne ressente affectivement la mort, l'enfant perçoit qu'elle à un rapport avec l'âge et que les vieux meurent souvent les premiers.
6 ans : - Conscience nouvelle de la mort. Début d'une réaction affective à l'idée de la mort. Inquiètude à l'idée que sa mère puisse mourir et le laisser. - Rapport entre la mort, le meurtre et la violence, la maladie, les hôpitaux et le grand âge. - Premier intérêt pour les tombes, funérailles, enterrements. - Il est troublé par des images/histoires d'enfants ou d'animaux morts et mourants. - Il ne croit pas qu'il mourra lui-même.
7 ans : - Intérêt plus détaillé et plus réaliste, compréhension meilleure. - Il fait encore attention aux accessoires : cercueil, rites funéraires, etc. Intérêt pour les visites de cimetières. - Intérêt assez marqué pour les causes : grand âge, maladie, actes de violence. - Il pense à la mort en termes d'expérience humaine spécifique. - Il peut se plaindre et dire : " Je voudrais être mort. " - Il pense assez vaguement qu'il mourra ou nie qu'il mourra.
8 ans :
L'intérêt se déplace vers ce qui se passe après la mort. - Il ne rapporte habituellement la mort qu'aux humains, alors que plus jeune il comprenait dans cette notion celle d'autres espèces. - Il sait qu'il comprend mieux le concept. - Il peut accepter le fait que tous les gens, lui-même y compris, mourront. 9 ans : - Il intègre des principes de logique et de biologie : " l'inanimé " ( on n'a pas de pouls, de température, on ne respire plus). - Il considère la mort en face, et non plus la périphérie, c'est-à-dire les cercueils et les tombes. - Il accepte de façon très réaliste le fait qu'il mourra plus tard. n

*L'enfant de 5 à 10 ans. Arnold Gesell et Frances L. Ilg. 1946. Traduction française, PUF, 1949.



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