Lu pour vous
"Guide des tombes d'hommes célèbres", par Bertrand
Beyern. Éd. Le cherche midi. 226 p., 100F.
Ce guide fait l'inventaire des tombes d'hommes ou de femmes célèbres
disséminées dans les régions françaises. Des monuments
à la gloire de ceux que l'histoire a souvent oublié, comme cet
énorme tonneau de ciment, au cimetière de Rochechouart en Haute-Vienne,
pour Léonce Chabernaud, négociant en vins, ou, à Rochefort,
ces quatre ours polaires supportant un bateau renversé à la mémoire
du lieutenant Bellot, mort en 1853 dans les mers arctiques.
Classés par départements et par communes, le lecteur pourra, au
gré de ses voyages en France, découvrir des cimetières
aux paysages parfois exceptionnels, comme le cimetière marin de Sète
ou se recueillir devant la tombe d'un personnage qui l'a marqué : le
maréchal de Lattre de Tassigny à Mouilleron en Pareds, le peintre
Georges Braque à Varengeville, Jules Verne à Amiens...
Des cimetières qui, comme l'indique l'auteur, "possèdent
souvent un charme étrange, révélant la douleur et l'irrémédiable,
dévoilant la vanité des choses, mais enseignant aussi la sagesse."
"Le décès à l'hôpital - règles et recommandations
à l'usage des personnels", sous la coordination de Marc Dupont
et Annick Macrez, collection "Les guides de l'AP-HP", Éd. Doin
et Éd. Lamarre/Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, 1998.
Un recueil pratique et complet destiné au personnel de l'assistance Publique
afin de l'aider à mieux affronter les décès au sein de
son établissement. Il regroupe les principales règles à
caractère juridique qui s'imposent dans la prise en charge des personnes
décédées. Dans chacun des dix chapitres traitant d'un moment
ou d'un aspect de la prise en charge post- mortem (l'Etat civil, la chambre
mortuaire, les transports de corps...), le professionnel hospitalier trouvera
un exposé détaillé du règlement en vigueur, des
façons de procéder et les repères essentiels auxquels il
doit se référer. Un travail qui montre que le devoir d'accompagnement
des mourants et l'organisation de la fin de vie à l'hôpital sont
reconnus à part entière dans toute bonne pratique soignante.
"Les familles face à la mort", sous la direction de
Jean-Hughes Déchaux, Michel Hanus et Frédéric Jésu.
L'Esprit du Temps. Diffusion P.U.F. 336p., 150F.
Le renoncement à se laisser guider par des traditions établies
et l'abandon de la pompe entourant le deuil ont conduit certains à dénoncer
une désocialisation de la mort. Cet ouvrage collectif entend démontrer
qu'il s'agit plutôt d'une évolution des comportements. Dans une
société où l'individu est devenu l'autorité ultime,
les rites se personnalisent, la famille désigne tout groupe qui accompagne
le mourant, on prépare sa mort par un contrat obsèques ou une
visite chez le notaire. Les auteurs montrent comment la mort redevient peu à
peu un thème du débat social avec l'apparition du sida, l'émergence
des soins palliatifs, le développement de la crémation. Cette
resocialisation de la mort - donc de son rituel -, résulte d'une prise
de conscience de la nocivité de son rejet social. Mieux vaut manifester
sa peine que la garder pour soi.
"Etudes sur la mort - Rites et rituels", n° 114, - Éd.
L'Esprit du Temps, diffusion P.U.F., 176p., 140F.
Quinze intervenants apportent, dans cette revue de la Société
de Thanatologie, des points de vue différents sur l'intérêt
des rites et des rituels autour de la mort. Des médecins racontent la
mort en institution gériatrique, puis celle d'un nouveau né en
maternité, s'interrogent sur la nécessité d'un rite lors
de l'interruption médicale de grossesse, décrivent comment l'hôpital
est devenu un nouvel espace rituel autour du décès. Des religieux
parlent de la prise en compte par l'Eglise du rite funéraire, des célébrations
de funérailles civiles. Des psychiatres et psychothérapeutes expliquent
les apports psychologiques des rites funéraires, rendent compte de l'expérience
de patients confrontés au deuil. Une somme d'articles, toujours faciles
d'accès, qui attestent de l'efficacité du rite pour le travail
de deuil des proches du défunt.