Cité :

Sites cinéraire


 

L'autre cimetière

Les sites cinéraires commencent à apparaître en France. Là, dans un espace clos et protégé, au milieu de la nature, place au souvenir et à la mémoire des défunts incinérés.

Sujet longtemps tabou en France, la crémation sort peu à peu de la clandestinité où la confinaient de multiples raisons d'ordre moral, social ou religieux. Les Français y ont aujourd'hui recours dans près de 15 % des décès. Les équipements d'accompagnement de ce rituel, longtemps inexistants ou sans rapport avec les attentes des familles, se multiplient et s'aménagent.

Mais on a vu apparaître depuis peu, souvent à proximité des crématoriums, de véritables sites cinéraires, parcs ou jardins privés parfaitement équipés et aménagés pour accueillir les cendres des personnes incinérées. "Columbariums pour protéger les urnes, parcelles végétalisées et personnalisées à la mémoire du défunt, pelouses spécifiques d'épandage des cendres, espaces individuels ou familiaux d'enfouissement des urnes, les équipements se sont multipliés au cours des dernières années pour proposer aux familles des lieux de mémoire correspondant à leurs attentes, explique Roger Lacombe, responsable des sites cinéraires du groupe OGF. Jusqu'à récemment, on ne pouvait leur proposer qu'une simple dispersion des cendres dans un lieu anonyme ou l'exposition de l'urne dans un mur de cases impersonnel. Or, dès qu'on présente des équipements de qualité, bien entretenus et à taille humaine, les familles sont beaucoup plus demandeuses. Les responsables municipaux sont également très intéressés par les aménagements que nous réalisons dans la mesure où, souvent, ils n'ont pas une connaissance exacte des attentes des familles."

Ainsi le jardin cinéraire de Montmerfeil, premier site de ce type en région parisienne, propose depuis 1998 un terrain privé de 700 m2, entièrement consacré au souvenir des défunts crématisés. "Nous avons voulu créer un lieu de quiétude et de sérénité qui soit le plus proche possible de la nature, commente Michel Chomette, son responsable. Dépôt définitif des urnes en terre ou temporaire dans une niche spécifique, personnalisation de l'emplacement retenu dans le jardin par une statue, un médaillon ou une gravure, dispersion possible des cendres dans le jardin de rocailles : ici, le souvenir des défunts continue à vivre dans un espace protégé et harmonieux."

Là, comme à Crissey, à proximité de Châlons-sur-Saône, vaste parc cinéraire privé de deux hectares également propriété du groupe OGF, tout a été étudié pour laisser libre cours à la nature : jardin parfaitement entretenu, fleurs, espaces verts, arbres, fontaine ou cours d'eau... C'est en partie grâce à ce cadre apaisant, en accord parfait avec la nature environnante, que de nombreuses familles, longtemps réticentes à l'idée de la crémation, acceptent aujourd'hui de manière beaucoup plus positive ce choix de leur proche disparu.

Encadré

Poussière, tu redeviendras poussière...

Contrairement aux pays de l'Europe du Nord où elle est largement majoritaire (70 % des décès en Grande-Bretagne par exemple), la crémation n'a lieu en France que lors de 15 % des 520 000 décès annuels. Peu restrictive, la législation française dans ce domaine préconise simplement que les cendres peuvent être disséminées n’importe où, sauf sur la voie publique. Autorisée par l'Église catholique depuis Vatican II en 1963, la crémation s'est peu à peu développée en France : On en comptait 18 000 en 1986 et 73 000 à la fin 97. Elle reste interdite dans les religions juive et musulmane. D’après les études prospectives sur le sujet, un tiers de la population française devrait opter pour la crémation d'ici une dizaine d'années.

Christian de Saint Vincent

Diapositives n°1 : Vue générale du site cinéraire de Montfermeil Diapositive n°2 : Dépôt temporaire des urnes, fontaine et livre du souvenir

Diapositive n°3 : la dispersion des cendres (jardin de rocaille).

Diapositive n° 4 et 4 bis : des emplacements réservés à la mémoire du défunt (roseraie, arc fleuri)

 



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