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Médecine et religions


Médecine et religions, l'accompagnement médical dans le respect des croyances de chacun. Sous la direction de Maurice Crouzet, Siloë Editeur, 1998, 208 pages, 100 F.

Le rôle du personnel soignant ne se cantonne pas au traitement des affections. L'accueil de la personne malade avec ses croyances l'engage tout autant dans la démarche de soin. A défaut de méditer sur la Torah, la Bible ou le Coran, l'ouvrage de Maurice Crouzet - coordinateur au CHU de Nîmes d'équipes d'aumôneries régionales - collecte les réponses des religions et autres pensées philosophiques sur les questions de bioéthique. Sensibilisés aux fondements des trois grandes religions monothéistes ainsi qu'aux traditions africaines et bouddhistes, médecins et infirmières sont amenés à ne pas commettre de contresens sur l'interprétation des choix du malade. Selon la Torah par exemple, l'embryon est le déclenchement d'un début de vie, ce qui interdit l'arrêt de son développement. Toutefois, l'interruption d'une grossesse "involontaire" ou accidentelle n'est pas considérée comme un crime. Dans le cas d'une procréation médicalement assistée, le catholicisme ne voit pas de problème éthique majeur dans l'insémination avec conjoint et la fécondation in vitro. Il en va tout autrement pour l'insémination avec donneur.

Si les interdits alimentaires sont connus chez les musulmans, leur pudeur est-elle prise au sérieux ? "La pudeur participe à la Foi et la Foi est au Paradis. L'indécence participe à la rudesse et la rudesse est en enfer" a dit le prophète. On comprend mieux qu'il soit moins pénible pour une femme de se faire soigner par une autre femme. Il est va de même pour un homme. Dans la tradition africaine également, la toilette mortuaire doit être accomplie par les personnes du même sexe. Toutefois, les femmes sont habilitées à le faire pour tous.
Il est des attouchements juste après le décès qui peuvent être dangereux, voire irréversibles, d'après les bouddhistes. Puisque la conscience du mort est attirée vers l'endroit que l'on touche, il faut éviter d'approcher le défunt au moins pendant l'heure qui suit le décès, au mieux pendant trois jours. Si l'on se trouve toutefois dans l'obligation de le faire, il est préférable de toucher le sommet de la tête. Autrement, sa conscience risque d'être entraînée vers une renaissance inférieure. Face aux nombreuses questions de bioéthique, un tableau et des annexes récapitulent les positions des religions sur des sujets qui vont du diagnostic prénatal aux prélèvements et transplantations d'organes sans oublier la congélation des embryons. A travers la découverte de ces croyances, l'accompagnement médical humain réaffirme sa mission : "Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours."


La mort, Marie-Hélène Encrevé-Lambert. Collection "La vie de famille", Bayard Editions,1999, 138 pages, 49 F.
Marie-Hélène Encrevé-Lambert, psychanalyste pour enfants et adultes, s'appuie sur son expérience, ses rencontres, ses patients, pour soumettre à la réflexion des parents une nouvelle vision de la mort dans leur relation avec leurs enfants. Plaidoyer pour un dialogue franc et direct, le livre rapporte des questions d'enfants, des attitudes ou encore des comportements d'adultes dont les origines remontent à la petite enfance pour dénoncer le tabou de la mort entre parents et enfants et permettre aussi aux plus petits de vivre leur deuil. Dans ce livre découpé en chapitres courts, selon l'âge ou la situation, Marie-Hélène Encrevé-Lambert délivre un message essentiel : être à l'écoute de l'enfant, lui parler, le rassurer sur l'amour qu'on lui porte. Partant du principe que les enfants (0-7 ans) font très vite l'expérience de la perte et qu'ils en prennent conscience dès 2 ans, ce livre se bat contre l'idée reçue de devoir les protéger de la mort par le silence, témoignages vécus à l'appui.


Médecin de l'inguérissable, Claude Grange. Bayard Editions, 1999, 194 pages, 99 F.
Claude Grange est médecin, responsable de l'unité de soins palliatifs à l'hôpital d'Houdan et coordinateur de la consultation de la douleur du centre hospitalier de Dreux. Son livre est un témoignage, celui d'un homme, père de famille et médecin, bardé de certitudes qui, d'un coup, va basculer dans l'inconnu quand l'un de ses enfants meurt, à quatre semaines, de la mort subite du nourisson. La mort et la douleur de la perte vont tout remettre en cause. Avec une grande honnêteté, Claude Grange décrit les erreurs, les lâchetés commises en tant que médecin face à des patients en fin de vie. Il nous livre son désarroi, son inconscience, puis ce que la découverte des soins palliatifs va lui apporter. Il s'y engouffre et change radicalement sa pratique. Au-delà de l'aspect médical, ce livre est l'histoire d'un cheminement, l'apprentissage de la mort et de la douleur comme passage obligé pour cet homme, pour laisser libre cours à son humanité, comprendre, ne plus avoir peur, accompagner pleinement des malades en fin de vie, ressentir combien la vie peut être merveilleuse jusqu'à son dernier

 


Précision
L'association Jonathan Pierres Vivantes, citée dans Passage n° 8, nous demande de préciser qu'elle n'est pas une association confessionnelle, même si elle apporte une aide spirituelle aux parents qui le souhaitent.


 


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