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Radjastan
Les cénotaphes du désert
Construits sur un site aride et isolé, les tombeaux vides des rois de Jaisalmer dressent leurs coupoles abandonnées sous le soleil brûlant. Ils parlent de splendeur passée, du temps où les "loups du désert" règnaient en maîtres sur l'ouest du Radjastan.
1. Pour accéder au site, en plein désert de Thar, il ne faut que quelques heures à dromadaire depuis Jaisalmer, distante de huit kilomètres. Sur deux collines se profilent alors les toits pointus ou en coupole de la cité des rois morts. Grès jaune se mêlant à la poudre du sol aride, quelques épineux : c'est Bada Bagh, le "grand jardin". Les rares années où il pleut, la dépression en contrebas se remplit d'eau, permettant quelques cultures alentour.2. Chaque kiosque ou chhatri abrite la stèle d'un des souverains de la cité du désert. Le défunt était brûlé ici selon le rite hindou, puis les cendres étaient transportées jusqu'au Gange lointain pour y être dispersées. C'est sous l'influence des envahisseurs musulmans, les moghols, que les princes hindous commencèrent dès le XVIe siècle à faire construire des cénotaphes à leur mémoire.
3. Sur les bas-reliefs des stèles, les rajas appelés ici maharawals sont systématiquement représentés armés et à cheval. Avec des méthodes parfois plus proche du brigandage que de la chevalerie, les membres de la dynastie Bhatti, qui régnait sur Jaisalmer, avaient su se tailler une réputation de guerriers belliqueux et féroces. Riche et crainte, la ville-forteresse était cependant le passage obligé des caravanes reliant l'Arabie et la Perse à l'Asie centrale.
4. Bien souvent, aux côtés du souverain, de petites stèles présentent de frêles figures féminines. Ces épouses ont pratiqué la sati, s'immolant avec leur roi sur son bûcher funéraire. Cette coutume était extrêmement fréquente chez les rajpoutes et Jaisalmer était connue pour le courage de ses femmes qui, au fil des siècles, choisirent plusieurs fois le sacrifice collectif pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi.
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