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Les rites funéraires
De tous les rites, ceux qui concernent la mort
restent certainement les plus vivaces. Même si
aujourd'hui, "c'est le règne du
bricolage", selon Michel Vovelle. Même si, en Occident, les rituels
funéraires sacramentalisés et codifiés par la religion
chrétienne - les plus présents et les plus lisibles - sont de
moins en moins observés. Reste que l'enterrement d'un proche fait toujours
l'objet d'une grande attention. Et l'on voit s'élaborer des pratiques
qui présagent d'un renouveau - comme pour les personnes décédées
du sida - ou, du moins, d'une réflexion dans ce qui pourrait devenir
un autre rapport à la mort. Un désir de se créer des repères
différents, plus proches, puisqu'on ne se reconnaît plus forcément
dans la symbolique des réponses apportées par la religion. Comme
l'explique Danièle Hervieu-Léger, chercheur à l'Ecole des
Hautes Etudes en Sciences Sociales, l'accompagnement des mourants dans les unités
de soins palliatifs procède de cette recherche ; une quête de sens
devant ce mystère qui de tout temps, a frappé les hommes par sa
brutalité et son caractère inéluctable. "La mort de
l'autre est perçue comme un traumatisme physique, écrit Jean-Pierre
Mohen, directeur des laboratoires des musées de France, et dans le même
temps ressentie par soi-même comme un traumatisme émotionnel",
du fait que personne ne connaît sa propre mort et que nous mourrons tous.
"Les rites funéraires sont les réponses variées à
ces deux traumatismes." Ils fondent la cohésion d'une communauté
face à l'inexplicable.