SOMMAIRE de Passage n°3

Dossier :

Les rites funéraires

  • Ce qui fait le rite

  • Pour une mort partagée

  • Mort plurielle et rites associés

  • Le Panthéon, sépulcre laïc

  • Au nom de la mémoire
 

 Etranger :

  • Guana: des cercueils très personnalisés

Portrait :

Equipement :

Opinion :

  • Michel Vovelle, historien

Regard :



 

Les rites funéraires

De tous les rites, ceux qui concernent la mort restent certainement les plus vivaces. Même si aujourd'hui, "c'est le règne du bricolage", selon Michel Vovelle. Même si, en Occident, les rituels funéraires sacramentalisés et codifiés par la religion chrétienne - les plus présents et les plus lisibles - sont de moins en moins observés. Reste que l'enterrement d'un proche fait toujours l'objet d'une grande attention. Et l'on voit s'élaborer des pratiques qui présagent d'un renouveau - comme pour les personnes décédées du sida - ou, du moins, d'une réflexion dans ce qui pourrait devenir un autre rapport à la mort. Un désir de se créer des repères différents, plus proches, puisqu'on ne se reconnaît plus forcément dans la symbolique des réponses apportées par la religion. Comme l'explique Danièle Hervieu-Léger, chercheur à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l'accompagnement des mourants dans les unités de soins palliatifs procède de cette recherche ; une quête de sens devant ce mystère qui de tout temps, a frappé les hommes par sa brutalité et son caractère inéluctable. "La mort de l'autre est perçue comme un traumatisme physique, écrit Jean-Pierre Mohen, directeur des laboratoires des musées de France, et dans le même temps ressentie par soi-même comme un traumatisme émotionnel", du fait que personne ne connaît sa propre mort et que nous mourrons tous. "Les rites funéraires sont les réponses variées à ces deux traumatismes." Ils fondent la cohésion d'une communauté face à l'inexplicable.