EDITO
A l’heure où la crémation s’installe durablement dans les intentions et les pratiques des Français, elle ne laisse pas de poser nombre de questions, législatives, psychologiques, organisationnelles et environnementales.
Ainsi, pour les 134 crématoriums du territoire, et donc pour toutes les communes et les délégataires concernés, une nouvelle polémique vient s’inscrire dans le paysage des réalités funéraires, qui n’en est pourtant pas exempt.
Il s’agit d’un arrêté présenté à la réunion annuelle du CNOF* et qui fixe de nouvelles normes relatives aux quantités maximales de polluants contenus dans les gaz rejetés dans l’atmosphère. Or, une étude d’évaluation des risques sanitaires, effectuée sous l’égide du ministère de la Santé, a conclu que « les rejets des crématoriums en France n’ont pas un impact significatif » en terme de santé publique. Néanmoins, le CNOF a dû se prononcer, dans l’urgence, bien que tous les opérateurs privés représentés se soient vigoureusement opposés sur la forme, mais aussi sur le mode opératoire proposé. Le combat continue donc pour faire en sorte que l’arrêté soit assoupli dans ses modalités, en s’appuyant sur l’approche pragmatique des autres pays européens et sur les difficultés d’accès à des financements équitables pour les collectivités locales et pour les entreprises.
Michel Minard, Directeur Général Adjoint
*Conseil National des Opérations Funéraires |