Après avoir rencontré les représentants des mairies de la Baule et de Rueil-Malmaison, OGF Collectivités poursuit son tour de France des cimetières et s’est arrêté en janvier dernier dans la commune de Reignier-Esery, en Haute-Savoie.

Située à la frontière Suisse, cette municipalité s’intéresse depuis longtemps et de très près aux enjeux de la crémation et à leurs incidences sur l’aménagement du cimetière. Ainsi Reignier-Esery a-t-elle anticipé en quelques sortes la nouvelle loi obligeant les communes de plus de 2 000 habitants à s’équiper d’un site cinéraire (lire article « Législation »). Jean-François Ciclet, Maire de Reignier-Esery, Béatrice Dubet, Adjointe Déléguée au Cimetière et Emile Mermin, Ancien Adjoint Délégué au Cimetière, ont présenté leur infrastructure à Infos Collectivités, accompagnés pour l’occasion du Directeur des PFG pour la région d’Annemasse, Jean-Marc Corgier et de Jean-Henri Basset, Responsable de l’Activité Collectivités pour OGF dans la région.

Reignier-Esery est une commune d’environ 6 000 habitants, néanmoins la crémation et son impact dans l’organisation de la vie locale semblent réellement prise en compte au sein de votre mairie. Comment cela se traduit-il concrètement ?
Au sein d’une ville de 6 000 habitants comme Reignier-Esery la crémation, comme partout en France, est un phénomène réel, perceptible et qu’il faut anticiper. Peut être est-ce dû ici à la proximité de Genève et à la présence de frontaliers parfois plus enclins à faire ce choix pour leurs défunts. Les populations des migrants vont en effet pousser le phénomène, puisqu’elles ne disposent généralement pas de sépulture familiale dans la commune. Elles se tournent alors facilement vers la crémation. Par ailleurs, il est vrai qu’aujourd’hui nous sommes, dans le département, à un taux de 35% de crémation. L’attente est donc bien réelle, ici comme ailleurs.

Avec l’augmentation de cette demande, vous avez donc du adapter l’équipement de la commune et du cimetière en particulier, à ce phénomène ?
Depuis de nombreuses années, nous tâchons de répondre au mieux à la demande de nos administrés en matière de lieux de souvenir et nous avons donc conçu, dès 1999, des columbariums pour recevoir les urnes. Ces réalisations ont en fait très rapidement drainé des demandes supplémentaires en la matière. Beaucoup de familles, découvrant ces équipements au sein du cimetière, nous ont alors demandé la même chose pour elles. Très vite, le cavurne est venu apporter une alternative au columbarium pour des demandes de plus en plus nombreuses.

Pourquoi certaines familles choisissent-elles plutôt des cavurnes ?
Le souvenir et la conservation des urnes dans un endroit adapté semblent réellement importants pour les familles. La mise en place de lieux individuels ou familiaux après la crémation devenait donc nécessaire. Le cavurne permet d’avoir un emplacement que la famille peut personnaliser en y construisant un petit monument par exemple.

Comment s’est déroulé l’équipement de votre cimetière en matière cinéraire ? Rien n’était imposé à l’époque, à la différence d’aujourd’hui ?
La première crémation a eu lieu en 1995 pour un habitant de Reignier, ce qui est assez récent. Dès 1999, nous avons mis en place les premiers columbariums. Une extension a été effectuée en 2003, suivie de la réalisation du jardin du souvenir en 2005, pour répondre aux différentes sensibilités des familles mais aussi anticiper leurs demandes. Nous souhaitions offrir par ailleurs plus de possibilités en matière de personnalisation et créer un cadre adapté au recueillement dû à la mémoire des défunts. Les services d’OGF Collectivités nous ont accompagnés dans ces réalisations et principalement pour la création du jardin du souvenir, mais aussi des solutions de personnalisation. Durant ces différentes étapes, les équipements ont eux-mêmes créé le besoin, puisqu’on a même vu des familles nous ramener les urnes qu’elles avaient gardées pour les mettre dans le nouveau site qu’elles découvraient au cimetière. En 2009, nous avons complété l’aménagement par la mise en place de 2 colombariums et 17 cavurnes, ce qui nous fait un total de 60 emplacements mais nous pensons déjà à l’avenir et prévoyons deux extensions.

Imaginiez-vous cet « attrait » pour la crémation ?
Non, mais nous avons su réaliser un aménagement adapté et mesuré pour anticiper la tendance. OGF collectivités, avec qui nous sommes en relations depuis 2003, nous aident à répondre et à anticiper les besoins liés à la crémation. Ils interviennent également dans le cadre d’une offre de conseil global, qui peut aussi bien toucher l’aménagement que la signalétique ou la gestion du cimetière. L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite est par exemple un sujet que nous évoquons ensemble et qui ne concerne pas que les grandes agglomérations. La question des cimetières est parfois mise un peu de côté dans les mairies. Or OGF Collectivités a su nous donner les arguments nécessaires et les enjeux à ne pas négliger dans ce domaine si particulier.

Vous avez aussi aménagé un autre site sur votre territoire ?
Oui, Reignier est associé à la commune d’Esery. Un espace dédié à la crémation a été mis en place dans le cimetière d’Esery. Même dans un environnement rural et au cœur d’un très petit cimetière, la démarche cinéraire reste possible car les attentes sont semblables.

Qu’en pensent les habitants ?
Cette question du funéraire est capitale pour nos administrés qui, sur le sujet, peuvent être très sensibles. Nous nous devons d’apporter une réponse de qualité à leurs attentes. Au-delà des obligations de simple gestion, il est important d’apporter un cadre adapté au recueillement ; l’enjeu aujourd’hui est véritablement le bien-être de la communauté des hommes.


L’équipe municipale avec, de gauche à droite, Emile Mermin, Ancien Adjoint Délégué au Cimetière, Jean-François Ciclet, Maire de Reignier et Béatrice Dubet, Adjointe Déléguée au Cimetière

Les nouveaux columbariums installés


Le jardin du souvenir


L’espace cinéraire du cimetière de Reignier