Cérémonie civile ou religieuse ?

Les funérailles bouddhistes

Les spécialistes avancent des chiffres situés entre 400 000 et 500 000 adeptes et personnes proches du bouddhisme. Entre deux tiers et trois quarts sont originaires d’Asie. Les autres sont des Français de souche, convertis. Les deux écoles les plus représentées sont celles du zen et du bouddhisme tibétain.

 
 

Quelle conception de la mort ?

Nous vivons sous le régime de l’impermanence. Ce que nous nommons « individu » n’est qu’une combinaison d’agrégats, vouée à la dissociation. Mais la mort n’est pas une fin absolue : c’est un passage et une opportunité.
L’instant de la mort revêt une importance cruciale. Selon la qualité de celui-ci, le défunt peut renaître dans une destinée plus ou moins favorable ; atteindre ou non l’éveil… L’idéal bouddhiste est celui d’une fin consciente et sereine. 

 

Quelle attitude à l'égard du corps ?

Après l’arrêt de la respiration et du cœur, le processus de mort se poursuit jusqu’à la manifestation de la « claire lumière », qui correspond au moment où la conscience quitte le corps. Il peut intervenir au bout de quelques heures ou de quelques jours. Pendant cette période, il est recommandé de ne pas manipuler le corps pour ne pas perturber la sortie de la conscience et compromettre l’avenir.
Toutefois, don du corps à la science et don d’organes sont autorisés. Le don, souligne-t-on, est une importante vertu bouddhiste et le corps, réalité transitoire, est appelé à être partagé.

Le Bouddha historique s’est fait crématiser. Beaucoup de ses disciples imitent son choix, mais d’autres pratiques sont légitimes.
Le bouddhisme n’interdit pas le recours à la thanatopraxie. Il la considère cependant comme la marque de notre difficulté à faire face à la mort.

 

 

Les rituels funéraires

Ils sont très divers, selon les écoles, les cultures, le poids des traditions populaires. En France, chez les Tibétains par exemple, on a fait le choix de ritualiser chaque étape du processus funéraire. Le départ du cercueil est marqué par un temps d’au revoir pour les familles. Durant la crémation, des souhaits sont formulés et des prières récitées pour que la conscience s’en aille dans la bonne direction. Le retour des cendres donne lieu également à un rituel.

 

Après les obsèques

Dans les pays d’Asie, la coutume est de conserver les cendres à proximité d’une pagode ou d’un monastère. Cette façon de faire avait commencé à s’enraciner en France. Mais la loi du 19 décembre 2008  interdit de laisser l’urne dans un lieu de culte (comme au crématorium) plus d’un an. Après cette période, une destination définitive doit être affectée aux cendres.

Le délai d’un an est en tout cas suffisant pour que puissent s’effectuer les principaux rites post-funéraires bouddhistes : ainsi, les « pujas » tibétaines (rituels de vénération) sont célébrées au bout de 49 jours ; les Vietnamiens pratiquent un grand rituel le centième.