Cérémonie civile ou religieuse ?

 

Les funérailles catholiques

  

​Malgré la « sécularisation », une grosse moitié des Français se déclare « catholique ». Les pratiquants réguliers représentent à peine 10% de la population. Moins d’un enfant sur deux est aujourd’hui baptisé ; seul un mariage sur trois a lieu à l’église ; mais plus de deux tiers des obsèques se font selon le rituel catholique.

 

Quelle conception de la mort ?

Le Christ a traversé la mort pour renaître à la vie. A sa suite, le chrétien est appelé à mourir et à ressusciter. C’est sur cette conviction que repose la célébration des obsèques. 

 

Quelle attitude à l’égard du corps ?

Celle d’un profond respect, car le corps est l’expression de la personne toute entière. Après le décès, sa prise en charge est assumée par les soignants et les collaborateurs des services funéraires. A eux d’effectuer la toilette, d’appliquer au corps les soins de présentation ou de conservation qui s’imposent ou qui sont souhaités par la famille.

Le don d’organes est vu comme un acte de générosité, de solidarité avec ceux qui souffrent. Même si l’Eglise catholique n’interdit pas le don du corps à la science, elle émet des réserves sur cette pratique, car la famille est dépossédée de son défunt qui est lui-même souvent privé d’un lieu de mémoire.

En 1963, les autorités catholiques ont levé l’interdiction de la crémation. Elles indiquent cependant une préférence pour l’inhumation. La crémation doit être postérieure aux obsèques : la cérémonie ne se déroule jamais en présence d’une urne.

 

La célébration des obsèques

Elle n’est plus un monopole clérical. Dans de nombreuses paroisses, se sont mises en place des « équipes de funérailles », constituées de laïcs. Elles accueillent les familles, écoutent leurs demandes, préparent la célébration avec elles. S’il n’y a pas de prêtre pour officier, un membre de l’équipe préside la cérémonie. Celle-ci est rarement une « messe », sauf si le défunt était très engagé sur le plan religieux.

La célébration commence par un temps d’accueil, où les proches évoquent le défunt, sa vie et la trace qu’il laisse. Elle se poursuit par la lecture de la Parole de Dieu. Soixante-dix-huit extraits bibliques sont proposés. Dans certaines paroisses, on accepte d’y ajouter un texte profane. La « prière universelle » est un moment fort de participation : les proches du défunt peuvent contribuer à sa rédaction ou en partager la lecture. La célébration s’achève sur le « dernier adieu », qui marque le départ définitif du défunt pour l’au-delà. La dépouille est aspergée d’eau bénite, en rappel du baptême. Le fait de l’encenser est une marque de respect.

 

Au cimetière

Parfois un membre de « l’équipe funérailles » – plus rarement, un prêtre – se rend au cimetière, avec les proches, pour accompagner le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Il y récite une brève prière (toujours en rapport avec la résurrection), suivie en général du « Notre Père ». Souvent un ultime geste est proposé : bénédiction du cercueil par chacun ou simple main posée dessus, en signe d’adieu.

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