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Crémation : le règne du paradoxe
5 % en 1988, 19 % en 2001, 35 % estimés en 2015 et une demande croissante chaque fois que se construit un nouveau crématorium : la crémation n’est plus la pratique marginale et militante des années 1970 mais une pratique dépassionnée qui ne cesse de se développer. Paradoxalement, la crémation se caractérise par un vide persistant, à la fois sur le plan juridique, pratique et rituel. Tandis que les précédentes mutations touchant à la mort, comme le déplacement des cimetières en périphérie des villes, ont par le passé fait l’objet de discussions dans la cité, la crémation demeure un sujet quasiment ignoré. Elle relève pourtant de la politique sociale autant que de la politique culturelle dans la mesure où elle touche à la filiation et à la mémoire, individuelles et collectives. Une réflexion de société paraît donc désormais indispensable afin de faire de la crémation une pratique funéraire chargée de sens. Cela passe par l’instauration d’un rituel pour faire de cette étape fondamentale qu’est la mort, au même titre que la naissance, un événement social. Cela suppose aussi d’offrir autour de la crémation un service de même qualité et de même valeur que celui de l’inhumation, sans frustration, sans traumatisme, sans peur et sans regret.Une pratique funéraire en quête de sensDans le secteur funéraire, les lois naissent au rythme d’une par siècle (1804, 1904, 1993). Il y aurait pourtant urgence à ce que le législateur se penche sur la crémation, en constante progression, car cette pratique souffre d’une carence en termes d’orientation et de références qui livre les familles souvent désemparées aux choix les plus contradictoiresUn lieu où ancrer le souvenirSur les quelque 50 000 cimetières existant en France, seuls 5 à 10 % sont équipés d’un columbarium, d’un jardin du souvenir, d’un "coin" aménagé pour recevoir les urnes ou les cendres.
Des initiatives existentesDes initiatives existent Le témoignage d’Emmanuelle Cordier résume bien l’état de la crémation aujourd’hui en France : une pratique encore dénuée de références culturelles et rituelles qui laisse la plupart des familles désemparées. Pourtant des initiatives existent qui tentent de raccrocher la crémation à notre histoire commune.Pourquoi choisir la crémation ?Lire la suite
Quelle nécropole pour demain ?La pratique croissante de la crémation conduit à reconsidérer la place des défunts dans la cité et à envisager l’éventuelle sacralisation de nouveaux lieux. Que proposer qui permette la pratique d’un rite, qui ait fonction d’agrégation des morts à la communauté, qui autorise aussi bien un culte anonyme qu’une mémorisation collective ? L’architecte Frédéric Bertrand, spécialiste des travaux de Robert Auzelle - architecte et urbaniste expert en espaces funéraires -, livre quelques pistes.Infos diverses sur la Crémation
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