N°13
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Infos diverses sur la Crémation

La crémation dans le monde

Selon l’influence religieuse et la force des courants laïcs, les origines latines ou anglo-saxonnes, l’implantation plus ou moins récente de crématoriums ou encore le développement de nouveaux rites funéraires, la pratique de la crémation en Europe varie énormément d’un pays à l’autre. La République tchèque (76 %), le Danemark (72 %), la Grande-Bretagne (71 %), la Suisse (68 %) et la Suède (68 %) se détachent comme les premiers adeptes de la crémation, avec toutefois des pourcentages très variables entre les zones urbaines et les zones rurales. Viennent ensuite Les Pays-Bas (48 %), l’Allemagne (39 %), la Norvège (31 %) et la Belgique (30 %), pour lesquels le pourcentage de crémation dépasse les 30 %. Seule l’Italie, avec 4 % de crémations en 1998, conserve une pratique marginale. Le Japon est le pays qui enregistre le plus fort taux mondial de crémation : près de 99 %. La Chine déclare un taux de 41 % contre 25 % pour les Etats-Unis.
Source : chiffres communiqués par la FFC (1999)

 

Question de sémantique

Crémation, incinération, crématisation… Au fur et à mesure que la pratique se développe, le vocabulaire évolue. Au XIXe siècle, on parlait d’incinération pour les dépouilles humaines et de crémation pour les déchets. Au XXe s’est produit un inversement de situation. L’origine latine de crémation est le verbe cremare que l’on retrouve dans cramer. Crématiser est une dérive pour éviter ce rapprochement avec l’argot. Le fait de brûler n’est pas porté par une dimension symbolique contrairement au mot inhumer qui renvoie à la terre. Le pendant de crématisation serait mise au caveau, qui fait référence à une manipulation technique. En attendant un nouveau terme qui viendra peut-être oblitérer cette dimension purement technique de l’opération…

Un choc terrible, un désarroi immense

«C’est à sa mort que nous avons découvert que mon père souhaitait être crématisé, raconte Emmanuelle Cordier, médecin en région parisienne. Il était encore jeune, en pleine santé. Nous n’en avions jamais parlé avant. Ce fut un choc terrible. Cette décision rompait avec nos pratiques familiales et l’organisation des funérailles nous paraissait insurmontable. Décédé à l’hôpital, à plus de cent kilomètres de chez lui, il était désormais plus proche du crématorium que de l’église et du cimetière de son village : nous ne savions pas quoi faire. Personne dans la famille n’avait jamais assisté à une crémation. A la brutalité de la décision de mon père et à notre chagrin s’ajoutait un immense désarroi. Qu’est-ce qui allait se passer ? Comment accompagner mon père, " l’enterrer " dignement, c’est-à-dire en respectant sa volonté tout en lui donnant du sens ? Ce sont les personnes des pompes funèbres qui nous ont rassurés en nous expliquant qu’il était possible d’organiser une cérémonie, religieuse ou non, au crématorium et que l’urne pouvait naturellement être inhumée dans le caveau familial. Bien sûr, la crémation fut pour nous tous bouleversante. La disparition du corps est brutale parce que tellement rapide. En deux heures, vous passez d’un corps dans son intégrité à une petite boîte qui ne contient plus que poussière. Et puis, l’idée de ce cercueil en flammes, même si on ne l’a pas vu, génère dans notre esprit des images violentes. Cependant, le sentiment d’être accompagnés, le fait de pouvoir se raccrocher à un rituel connu, quitte à se bricoler quelques aménagements étant donné les circonstances – l’absence du prêtre par exemple –, m’a permis de mieux accepter la volonté de mon père et de mieux vivre sa disparition. Et lorsque avec mes frères nous évoquons la question de la crémation et les sentiments d’incompréhension, de panique qui nous ont animés les deux ou trois jours suivant le décès, nous éprouvons une réelle reconnaissance envers les professionnels qui nous ont conseillés.»

 

La déstination des cendres

Après la crémation, 68 % des familles partent du crématorium avec l’urne sans que la destination définitive soit précisée. 25 % des cendres sont dispersées ou immergées, 4 % des urnes sont placées dans un columbarium et 3 % dans une sépulture cinéraire. Les différents types de sépultures

_ la tombe traditionnelle : dans un caveau ou en pleine terre, l’urne trouve sa place aux côtés des cercueils. Elle peut être fixée sur la pierre tombale.

_ le columbarium familial : au cimetière ou dans une propriété privée, il se compose de plusieurs cases et accueille ceux qui souhaitent être réunis dans la mort.

_ le columbarium, dans le cimetière. L’urne est conservée dans une niche individuelle, personnalisée par une plaque ou inscription.

_ la sépulture cinéraire : l’urne est soit déposée en terre ou dans un caveau spécifique, soit portée audessus du sol, insérée dans un monument.

En cas de dispersion, les proches peuvent opter pour : _ l’espace individuel : les cendres sont dispersées sur une concession dans un cimetière traditionnel.

_ le jardin du souvenir : les cendres sont dispersées dans un espace collectif et anonyme.

_ les reliquaires : en cas de dispersion, la famille peut conserver une partie des cendres dans des reliquaires. Les psychologues mettent en garde contre la dérive éventuelle que constituerait le partage des cendres d’un défunt entre ses proches

Contacts _ Fédération française de crémation 50, rue Rodier, 75009 Paris Tél. : 01 45 26 33 07 Fax : 01 48 74 07 40

www.cremation-france-ffc.com

Ce qui est possible

Depuis maintenant une dizaine d’années, de nombreux partenaires naturels de l’organisation des funérailles (représentants des cultes, sociologues, psychologues, crématistes, professionnels des services funéraires), poursuivent une réflexion sur la façon de rendre la crémation moins douloureuse et moins traumatisante pour les proches et sur le devenir des cendres. Certaines préconisations sont désormais formalisées et mises en pratique : les proches n’assistent plus directement à la mise à la flamme et, généralement, n’attendent plus au crématorium pendant toute la durée de la crémation (plus d’une heure). Un travail d’information est mené auprès des familles pour les encourager à réfléchir au devenir des cendres. En attendant qu’elles prennent leur décision, l’urne est conservée au crématorium et, si les proches ne souhaitent pas y revenir, l’urne peut leur être remise par l’entreprise de pompes funèbres, notamment à leur domicile ou au cimetière. Les proches disposent d’une liberté totale quant au devenir des cendres, excepté la dispersion sur la voie publique. Pour ceux qui choisissent la dispersion, les professionnels conseillent un lieu de mémoire collective, comme le jardin du souvenir dans le cimetière, sachant qu’il s’agit là d’un choix irréversible. L’urne peut également être placée dans un columbarium aucimetière ou inhumée dans un caveau. Sociologues et psychiatres déconseillent en revanche de garder l’urne à domicile et l’Eglise catholique interdit cette pratique. L’espace du mort et celui des vivants se confondant, ces derniers courent le risque de s’enfermer dans un deuil pathologique. Sans compter l’événement purement accidentel, comme le bris ou le vol de l’urne, qui peut être vécu comme un traumatisme très grave.