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Portées par les valeurs humanistes, la liberté de choisir
ses funérailles et la législation de la crémation
s’inscrivent dans le combat des grandes lois sur les libertés
publiques qui marquent le début du XXe siècle. Dans un domaine
aussi sensible que celui de la mort, longtemps occulté dans notre
société, empreint de tradition et de religion, ce choix
est demeuré dans la confidentialité. La légalité
de la pratique, associée au souci d’égalité
face à la mort, a déterminé l’engagement des
crématistes, soucieux de faire évoluer les mentalités.
Parallèlement, et paradoxalement, l’évolution de la
position de l’Eglise catholique romaine en 1963 ouvrait naturellement
le champ sociologique de la pratique crématiste. Si, jusque dans
les années 1970-80, opter pour la crémation avait vocation
à provoquer ou à se démarquer, les motivations ont
beaucoup évolué. Il existe à l’origine de ce
choix une dimension presque universaliste qui draine dans son sillage
des aspirations profondes à la liberté, à la dignité
et au respect. Ce respect est indissociable de l’intérêt
altruiste constant des crématistes pour l’environnement.
L’alternative proposée, inhumation ou crémation, a
permis aussi à la parole de circuler. De ce fait, ce sujet tabou
sort progressivement de l’anonymat. On ose parler de la mort ; on
ose parler de sa mort. Si le choix crématiste demeure, de façon
générale, une démarche individuelle, il n’en
est pas moins affirmé, explicité, validé, ou au contraire
refoulé, dans le cadre familial. Dans tous les cas, le dialogue,
l’explication ou, pour le moins, l’information sont nécessaires
au sein de la famille ; la parole se révèle indispensable
et fédératrice. En quarante ans, nos attitudes face à
la mort se sont considérablement modifiées. La progression
de la crémation l’illustre parfaitement. Soyons bien conscients
cependant que les perspectives d’évolution restent dépendantes
des préoccupations essentielles exprimées par nos concitoyens
et des réponses apportées par la sphère collective
: respect des volontés, liberté de disposer des cendres,
accompagnement, soutien, ritualisation de la crémation, proximité
des crématoriums. Maurice Thoré, Président de la
Fédération Française de Crémation (FFC), membre
du Conseil National des Opérations Funéraires (CNOF)
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