Tous les jours, ou presque, Annie Dutouquet, responsable du crématorium du Val-de-Bièvre en région parisienne, mène ce type de conversations téléphoniques avec les familles ou les proches d’un défunt dont l’urne est entreposée provisoirement dans une salle du crématorium depuis l’incinération, en attendant qu’on vienne la chercher. “A mon arrivée il y a deux ans, il y en avait une soixantaine ! raconte Annie Dutouquet. Or, le crématorium n’est pas un cimetière, c’est important que les familles en prennent conscience.” Elle entreprend donc de joindre les proches et se heurte alors, plutôt qu’à un refus, à une gêne, une fuite, comme si les personnes ne souhaitaient pas “remettre ça”, revivre la souffrance des obsèques, avoir encore à faire face à une épreuve. Des morts qu’on préfèrerait oublier ? La réponse n’est pas aussi simple. Même si la crémation commence à entrer dans les moeurs, le devenir de l’urne ne va pas de soi, à l’instar de celui du cercueil que l’on enterre. Les proches sont, pour la plupart, désorientés, ne sachant quelle décision prendre. Parfois la situation est d’autant plus compliquée que la famille n’était pas à l’aise avec le choix de la crémation. Alors, le devenir de l’urne…
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