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La France a été frappée par les 16 000 personnes mortes, seules pour nombre d’entre elles, lors de la canicule en 2003. C’est d’abord le nombre massif qui a interpellé car des morts oubliés, il en existe beaucoup, peu visibles, peu médiatisés. Cet état de fait conduit à s’interroger sur la valeur de la vie : la vie des uns vaut-elle davantage que celle des autres ?
De même, faut-il avoir eu une vie sociale conventionnelle pour que la société acte la mort des citoyens ?
Oui, nous répondent sans hésiter nos interlocuteurs dans ce dossier. Il est des morts qui dérangent, qui embarrassent, que l’on exclut de la sphère sociale. Ce sont tous ceux que notre société n’a pas voulu voir ou considérer de leur vivant, tous ceux qui vivent en marge, dans l’enfer de la solitude, et qui pointent par leur vie même les limites de notre solidarité.
Il est des morts que l’on refoule, ceux qui sont synonymes d’échec, les enfants morts-nés, par exemple, des morts encombrantes comme celles de certains hommes politiques, des morts que l’on préfère rayer de notre paysage, comme les malades du sida, les morts de la rue, les anonymes, les sans-papiers…
De nombreuses associations se battent pour lutter contre l’indifférence, l’oubli destructeur et égoïste. Elles organisent des funérailles et des commémorations. Par leurs actions, elles redonnent une dignité à ceux qui l’avaient perdue. Lire la suite
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