Organiser des obsèques

La crémation dans le monde

28 février 2018
​​​​​Portée par l’évolution du rapport à la mort dans les sociétés occidentales, l’allongement de la durée de vie et la croissance démographique, la crémation gagne du terrain un peu partout dans le monde au prix toutefois de fortes disparités entre les pays, les communautés et les cultures.

La crémation gagne le monde

Avec un taux de crémation de plus de 99 %, le Japon s’affirme comme le champion du monde de cette pratique.​


À cela, deux raisons principales. L’une est d’ordre culturel. Pour le shintoïsme, religion traditionnelle nipponne, il y a déshonneur à inhumer un corps et à le laisser exposé à la ​​souillure et à la décomposition.​ ​L’autre raison, celle-là plus pragmatique, tient au manque d’espace lié aux fortes densités de populations, aux concentrations urbaines et à l’insularité. 

Reste que les Japonais ont aujourd’hui tendance à se tourner vers des funérailles plus simples et parfois, c’est nouveau, ils les organisent avant leur mort. 

Un​e évolution qui s’explique par le vieillissement de la population et le prix t​rès élevé de leurs obsèques, parmi les plus chères au monde : 15 000 € en moyenne pour une cérémonie traditionnelle dont les différentes étapes se déroulent sur plusieurs jours.

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Le poids​ de la tradition​​​​

Au-delà du Japon, la crémation est une pratique très répandue en Asie, où le bouddhisme comme l’hindouisme en font un rite de purification et d’offrande. Pratiquée à 85 % en Inde et à 80 % en Thaïlande, elle ​n​e concerne en revanche qu’un décès sur deux en République Populaire de Chine. Un chiffre surprenant quand on sait que le régime communiste a rendu la crémation obligatoire dès les années 1940. ​De toute évidence, son injonction n’a pas été suivie dans les campagnes où les valeurs conservatrices et l’inhumation restent ancrées. 



La conquête de l'ouest ​

Franchissons maintenant le Pacifique, pour rejoindre les États-Unis. La crémation y est passée de 4 % des obsèques dans les années 1960 à près de 45 % aujourd’hui.
Au rang des explications : la perte d’audience de la religion, conjuguée aux diverses crises économiques et à la forte mobilité des Américains, moins attachés que d’autres aux lieux de recueillement.
On observe néanmoins de grandes disparités entre les états de l’Ouest, les plus favorables à la crémation (74 % dans le Nevada), et les états du sud comme l’Alabama (22 %) et plus encore le Mississipi (18 %), aux us et coutumes encore très marqués par la religion chrétienne.

​​Plus au sud, les pays latino-américains vivent eux aussi en marge du phénomène mondial qui voit la crémation progresser... C’est particulièrement vrai au Brésil, avec ses 61 % de catholiques, son taux de crémation d’à peine 4 %​ et son organisation particulière, la plupart des cimetières ayant leur propre opérateur de pompes funèbres.

Entre tabou et interdit

​Si l’Océanie est une terre de crémation – trois Australiens et Néozélandais sur quatre la choisissent pour leurs funérailles – il en va tout autrement en Afrique subsaharienne, où elle est encore culturellement taboue : on lui reproche de priver le défunt d’une transition douce vers l’au-delà. Cela dit, l’augmentation du prix des terres générant une pénurie de places dans les cimetières, elle est désormais présentée comme une alternative à l’inhumation dans les pays situés au sud du continent.​

​Rien de tel au Proche-Orient ! La mise en terre reste la seule pratique admise par le Coran et la Torah. Les musulmans la considèrent comme incompatible avec l’idée de résurrection, les juifs comme une profanation du corps.


L'europe façon puzzle​

En Europe, la situation est plus disparate. Elle varie en fonction des traditions, des coutumes et de la religion des populations. En tête, la Slovénie, la Suisse et le Danemark (> 80 %), suivis de près par la Suède, la République tchèque et le Royaume-Uni qui choisissent la crémation à plus de 75 %. Dans les pays où le catholicisme est resté actif (Espagne, Italie, Irlande), c’est la mise en terre qui est de rigueur, dans un rapport de 80/20. À l’exception de la Russie (48,2 %), encore marquée par la période communiste qui n’a eu de cesse de l’encourager, la crémation demeure confidentielle dans les pays orthodoxes. Elle y a même été longtemps réprouvée par les autorités religieuses, à l’image de la Grèce qui ne l’a légalisée qu’en 2006 !​

La France voit quant à elle la crémation poursuivre sa progression. Elle a aujourd’hui la faveur de plus d’un tiers de la population et les prévisions tablent sur un décès sur deux d’ici à quinze ans. Une évolution des pratiques que les opérateurs de pompes funèbres ont le devoir d’anticiper en réinventant leur offre de services. ​

Vieille comme le monde

Les premières traces de crémation dateraient de l’Homme de Mungo, en Australie, il y a 40 000 ans. Plus près de nous, les Celtes ont abandonné l’inhumation vers - 1 300 pour passer à la crémation. Les urnes cinéraires étaient alors déposées dans de vastes nécropoles. Quant aux Vikings, ils la pratiquaient au Moyen Âge, en construisant un bateau-tombe qui était ensuite brûlé.

Crémation, oui ou non​

Le bouddhisme et l’hindouisme lui sont totalement favorables. Pour les religions musulmane et judaïque, c’est non. Les protestants l’autorisent depuis 1898. Les catholiques la tolèrent depuis 1963, suite au concile de Vatican II : l’église souhaite néanmoins que l’urne cinéraire soit déposée dans un cimetière. Depuis mars 2016, la religion orthodoxe la tolère.





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