PFG à vos côtés

Comment soutenir un collègue de travail en deuil ?

28 novembre 2018
​Moment chargé d'émotions : votre collègue revient au travail quelques jours après les obsèques de l'un de ses proches. En plus de sa propre peine, il devra faire face à l'embarras, parfois à la maladresse de l'équipe. Comment l'accompagner au mieux sur ce chemin délicat ? Les réponses d'Alain Sauteraud, psychiatre et auteur de Vivre après ta mort, psychologie du deuil (Odile Jacob), et Christophe Fauré, psychiatre, psychothérapeute et auteur de Vivre le deuil au jour le jour (Albin Michel).

PFG et PSYCHOLOGIES s'allient pour vous proposer des éléments de réflexions sur des questions fondamentales autour du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.


 


 Témoignag​e :

" L’une de mes collaboratrices a perdu son compagnon brutalement il y a quelques mois. Il avait 35 ans. Son retour au bureau a été un moment émouvant et difficile à vivre. Nous étions tous à la fois très touchés, mais si gauches face à sa tristesse. Fallait-il en parler ou faire silence ? Se tenir tout près d’elle ou lui laisser de l’espace ? Dans tous les cas, nous avions le sentiment de nous tromper.​"

 Caroline, 30 ans Paris​



Dépasser sa peur de mal faire

« Nombre de personnes disent “Je ne sais pas comment faire”. Et, par peur d’un faux pas, évitent même de simplement saluer leur collègue en deuil, rapporte Alain Sauteraud. Alors qu’il suffit de quelques mots, d’un message court, oral ou écrit : “Je suis peut-être maladroit, je ne sais pas comment te parler, mais sache que je suis là et que je comprends ta peine.”
Une de mes patientes, qui avait perdu son fils, me racontait comment elle avait construit, à son retour au bureau, une véritable citadelle autour de son chagrin. À tel point que personne ne s’enquérait de son état. Ce n’était pourtant pas son but».​
« Si l’on est démuni, on peut se renseigner, sur Internet ou dans les livres, sur le processus du deuil, conseille Christophe Fauré. Ce n’est jamais une posture facile, parce qu’on n’a pas forcément un lien d’amitié ou d’intimité avec la personne concernée. Mais nier son deuil en restant silencieux, c’est la plus grande violence que l’on puisse lui faire. » ​

Reconnaître la peine de l’autre et y prendre part

Du latin Cum : avec, et Dolere : souffrir, « Voyez l’étymologie du mot “condoléances”, prendre part à la douleur de quelqu’un. Dans ces moments-là, il faut abandonner tout désir de maîtrise, ne plus être dans une position “haute”, mais faire le choix du cœur, propose Alain Sauteraud.​
Si la personne ne prend pas part au rituel de la machine à café par exemple, c’est qu’elle ne se sent pas capable d’affronter le groupe. Passé les premiers jours, on peut lui apporter un café dans son bureau, lui montrer qu’on pense à elle. »
Selon Christophe Fauré, « la position du manager est primordiale. Il demandera à son collaborateur endeuillé ce dont il se sent capable, lui proposera, par exemple, de prendre en charge des tâches ou des dossiers moins lourds. L’essentiel étant que passe ce message de confiance : “Je sais que tu n’es pas aussi disponible en ce moment, allons-y doucement, ne t’inquiète pas.” » D’ailleurs, les services de ressources humaines devraient être formés à cela, et transmettre leur apprentissage à toute l’entreprise. Faire une collecte pour envoyer des fleurs le jour des obsèques par exemple, c’est déjà un signal très subtil, qui dit à la personne en deuil : « Nous sommes avec toi. » ​

Éviter toute injonction

« Le deuil n’est pas une maladie contagieuse, rappelle Christophe Fauré. Aider l’autre, c’est accepter d’accueillir ses émotions par l’écoute. Tout ce qui est de l’ordre de la comparaison, de la rationalisation ou du jugement est inapproprié dans ce contexte. De même, toute injonction, comme “Ne parle pas de cela”, “Essaie d’oublier”, “Tu devrais faire ceci”, est à proscrire. Le processus du deuil est essentiellement émotionnel, donc peu accessible à la raison. »​



Lettre à celui ou celle qui veut aider

C’est une lettre bouleversante que propose Christophe Fauré dans la dernière édition revue et augmentée de son livre Vivre le deuil au jour le jour (Albin Michel). Elle contient tout ce que traverse une personne en deuil, et qu’il est si difficile de formuler. Elle est surtout le meilleur guide que l’on puisse trouver quand on veut accompagner le plus justement possible un proche submergé par le chagrin.




Rédigé par : Marie Lannelongue


La Fondation PFG soutient les associati​ons accompagnant le de​uil 

La Fondation PFG - créée en 2009 sous l’égide de la Fondation de France – s’engage à soutenir les initiatives locales et projets d’intérêt général autour de la fin de vie et du deuil par l’attribution de dons aux réseaux associatifs partout en France. 

Plus de 300 subventions accordées, près de 50 projets soutenus chaque année et 100 Associations en France aidées

» En savoir plus sur les associations soutenues par la Fondation PFG​​​