Pourquoi la cérémonie des funérailles est-elle si importante ?

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Pourquoi la cérémonie des funérailles est-elle si importante

On voudrait que ce soit un beau moment, qui ressemble à celui qui n’est plus. Mais organiser et vivre cette cérémonie est souvent vécu comme une épreuve de plus. Comment la traverser  ? Conseils de Nadine Beauthéac, psychothérapeute, spécialisée dans l’accompagnement des endeuillés, et auteur de plusieurs ouvrages sur le deuil, dont 100 Réponses aux questions sur le deuil et le chagrin (Le Livre de Poche).

PFG et PSYCHOLOGIES s'allient pour vous proposer des éléments de réflexions sur des questions fondamentales autour du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.

" Mon frère était ébéniste, il aimait la vie de l’atelier, qu’il partageait avec deux amis. Ça nous a semblé à tous le meilleur endroit où nous recueillir après la crémation, autour d’un casse-croûte frugal comme il les appréciait : du vin, du fromage, des fruits. Nous étions entre intimes, famille et amis, tous très affectés, nous avons pu rire, pleurer, partager des souvenirs jusque tard dans la soirée, dans ce lieu encore plein de sa présence."

Anna, 31 ans, Grenoble.

Accepter son ambivalence

Cette cérémonie des obsèques est teintée, pour les endeuillés, d’une forte ambivalence. D’un côté, elle joue un rôle symbolique majeur, auquel il n’est pas question de se soustraire : à travers elle, on veut rendre hommage au défunt. Et de l’autre, on a envie de fuir ce moment où l’on va véritablement prendre acte de la disparition de l’être aimé, se séparer du corps, et devoir affronter les autres, recevoir leurs condoléances, être là au milieu de l’assemblée, alors qu’on flotte dans un entre-deux hors du temps.

L’écrivain Brigitte Giraud, dans son livre À présent (Le Livre de poche), rédigé après la mort de son mari, a cette phrase si juste : « Je passe d’une chaise à l’autre, je me lève, je ne sais pas quoi faire de ma peau, je ne trouve pas ma place. » Et puis, chacun va finir par partir, retourner à sa vie, alors que la nôtre s’est arrêtée.

Resserrer les liens

Malgré la douleur et la solitude que nous pouvons ressentir, ce rite des funérailles nous tient, nous offre une structure pour dire adieu à l’autre. Et lorsque la cérémonie se passe bien, il y a un partage humain qui vient apaiser le chagrin.

Lire des textes, se rappeler des souvenirs ensemble, se retrouver autour d’un repas permet de resserrer les liens entre les vivants, c’est un temps de retrouvailles, un temps où des choses importantes peuvent se dire ou se manifester. Même si, comme en souffrent beaucoup d’endeuillés, les conversations finissent par s’éloigner du défunt : il y a une tentation très forte dans notre société à fuir la mort.

Malgré la douleur et la solitude que nous pouvons ressentir, ce rite des funérailles nous tient, nous offre une structure pour dire adieu à l’autre. Et lorsque la cérémonie se passe bien, il y a un partage humain qui vient apaiser le chagrin.

Malgré la douleur et la solitude que nous pouvons ressentir, ce rite des funérailles nous tient, nous offre une structure pour dire adieu à l’autre. Et lorsque la cérémonie se passe bien, il y a un partage humain qui vient apaiser le chagrin.

Faire honneur à l’autre

Ce qui aide à vivre mieux cette épreuve, c’est de trouver sa façon de célébrer l’autre. Mais dans 95 % des familles, on est pris de court, on ne sait pas bien comment faire. On peut se retrouver, comme le raconte Brigitte Giraud, au supermarché à glaner de quoi improviser une collation, alors qu’on est en train de vivre un des moments les plus intenses de notre vie ; on est là à devoir accomplir, dans des actes banals, quelque chose d’exceptionnel.

Malgré cela, il faut trouver comment ne pas subir cette cérémonie, et l’organiser au plus près de ce que l’on ressent de juste vis-à-vis du défunt et de nous-mêmes. Lorsque les choses se décident à plusieurs, c’est important de permettre à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice. De façon à pouvoir se dire quand tout est fini : j’ai fait au mieux pour lui, pour les autres qui étaient là, et pour moi-même.

Mieux vivre et penser les obsèques

Ouvrage polyphonique d’une grande richesse, écrit par des écrivains et des spécialistes du deuil, Le Grand Livre de la mort à l’usage des vivants (Albin Michel) a été pensé pour apporter aux endeuillés un soutien véritable, tant psychologique que concret. Choix entre crémation et enterrement, propositions de lectures, ou encore sens du repas qui suit la cérémonie… Un livre essentiel, ponctué de témoignages, de réflexions, de récits de rituels de toutes cultures, mais aussi de questions pratiques sur la préparation des funérailles.
 

Rédigé par : Aude Goullioud pour PSYCHOLOGIES

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