Pourquoi faire appel à une association après un décès ?

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Elles sont souvent le dernier endroit où partager sa tristesse, mais aussi joie et tendresse. Parce qu’on n’y est jamais jugé ou « pressé », elles sont un soutien inestimable pour les personnes endeuillées, selon Christophe Fauré, psychiatre et auteur de Vivre le deuil au jour le jour, dont la quatrième édition, revue et augmentée, vient de paraître (Albin Michel).

PFG et PSYCHOLOGIES s'allient pour vous proposer des éléments de réflexions sur des questions fondamentales autour du deuil. Des réponses simples et aidantes d'experts permettront d'accompagner tous ceux qui viennent de perdre un proche et leur entourage dans ce moment éprouvant.

« Juste après le décès de mon mari, j’ai été très entourée par mes proches. Et puis le temps a passé, et c’est comme si j’étais restée seule sur le bord de la route. Plus personne ne mentionnait Jean. Moi-même, je n’osais plus en parler par peur des regards de désapprobation. 
Deux ans après, je pense toujours à Jean chaque jour, j’ai toujours besoin de prononcer son prénom, de parler de lui à voix haute. C’est dans un groupe de parole que j’ai pu le faire. Simplement parce que ceux qui s’y trouvent comprennent, parce qu’ils sont aussi passés par là. » 

Catherine, 65 ans

Pour partager avec ses pairs

« Toute la pertinence et la profondeur du soutien trouvé auprès des associations proviennent de leur légitimité immédiate, insiste Christophe Fauré. Elles sont quasiment toutes portées par des personnes ayant traversé un deuil.
C’est ce qu’Annick Ernoult-Delcourt, auteur d’Apprivoiser l’absence, adieu mon enfant (Fayard), appelle l’écho-résonance. On parle de son vécu et cela fait écho chez une autre personne qui se sait comprise et qui perçoit qu’elle n’est pas la seule à ressentir cela. Cela crée d’emblée un lien de sécurité dans la relation et d’intimité dans la souffrance. »

Pour prendre de la distance

« Une association, quelle que soit sa vocation (certaines ont des spécificités : le deuil après le suicide, le deuil d’un parent, ou d’un enfant…), est un lieu d’espoir, de chaleur et de reconstruction intérieure, précise le psychiatre. Cette prise en charge du chagrin de l’autre sort le deuil d’une dimension qui pourrait être trop psy. Certains ne souhaitent pas une approche médicale, parce qu’ils ont conscience que la douleur qu’ils endurent est normale. Ici, c’est la communauté humaine qui prend soin de ses membres : ce sont la plupart du temps des gens de la société civile qui se mettent à disposition des endeuillés ; et cette idée est, je trouve, d’une très grande douceur, souligne C. Fauré. »

Pour être accepté avec sa souffrance

« Il est parfois si difficile de “prendre sur soi”, reconnaît Christophe Fauré. Personne ne devrait avoir à faire cet effort en pareille situation, tant l’énergie manque déjà. Les bénévoles connaissent parfaitement le processus que l’on traverse. On y est toujours le bienvenu, quels que soient l’épaisseur de sa peine ou l’épuisement dans lequel on se trouve. »

Pour se projetter à nouveau dans le futur

« Il est très structurant de voir ce que l’autre, qui a subi la même perte il y a trois, quatre ou cinq ans, est devenu, explique le spécialiste. C’est un support de projection. À travers ses gestes, ses attitudes, ses paroles, il démontre qu’il y a une voie possible, une lumière pour sortir de la nuit. Il est la preuve tangible que ce que l’on est en train de vivre ne nous écrasera pas. On pourra de nouveau rire, vivre, sans pour autant avoir oublié la personne que l’on a perdue. Il y a là quelque chose de rassurant, qui vient infléchir la croyance que le deuil est lié à l’oubli. »

Il est parfois si difficile de “prendre sur soi”, reconnaît Christophe Fauré. Personne ne devrait avoir à faire cet effort en pareille situation, tant l’énergie manque déjà.

 

Faire durer le souvenir

« Chaque association a ses propres modalités de fonctionnement et propose plusieurs formats d’accompagnement : écoute téléphonique, entretiens individuels, groupes de partage ouverts (à la demande et sans engagement de présence) ou fermés (une fois le groupe constitué, on y vient une fois par mois), précise encore Christophe Fauré. Les rencontres se font généralement sur une année ; mais, parfois, on y revient cinq ou dix ans plus tard, car c’est le seul lieu où l’on peut encore mentionner son chagrin. Il est en effet très apaisant d’entendre prononcer le nom de son parent disparu par quelqu’un d’autre, ou de pouvoir simplement évoquer un souvenir de lui. »

Quelle association choisir ?

La seule question à se poser, selon Christophe Fauré, devrait être : « Quelle est la chose au monde qui pourrait me faire du bien ? ».
Ensuite, il faut explorer sur Internet les sites des associations, certaines étant plus spécialisées que d'autres, et voir ce qui résonne en soi. En voici quelques-unes :

  • Fédération européenne Vivre son deuil
    Créée en 2001 par Michel Hanus, elle est présente en France, mais aussi en Suisse et en Belgique, et coordonne les missions des associations locales. Ses deux principes fondateurs : le bénévolat et le travail en équipe et en réseau interassociatif (www.vivresondeuil.asso.fr).
  • Fédération Jalmalv (Jusqu’à la mort accompagner la vie),
    Très engagée dans la lutte pour le développement des soins palliatifs, la fédération compte 80 antennes locales en France, mais aussi en Suisse et à Monaco (www.jalmalv-federation.fr).
  • ASP (Association pour l'accompagnement et le développement des soins palliatifs)
    La première à avoir développé, en 1984, une charte des soins palliatifs. Toujours très impliquée auprès des professionnels de santé, des institutions et du grand public (www.aspfondatrice.org).
    • Jonathan Pierres vivantes (parents, frères et soeurs)
      Spécialisée dans l’accompagnement du deuil d’un enfant, d’un frère, d’une sœur (www.anjpv.org).
    • L'Arc en ciel
      L'association apporte son soutien aux familles confrontées à la maladie grave de l'enfant (www.asso-larcenciel.fr)

Rédigé par : Marie Lannelongue pour PSYCHOLOGIES

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